De jolies fesses valaient-elles une guerre ?

De jolies fesses valaient-elles une guerre ?

En 1609, à Saint-Germain, alors que Marie de Médicis – femme d’Henri IV –, organisait un ballet où figuraient les plus belles femmes de la Cour, celle-ci invita Mademoiselle Charlotte Marguerite de Montmorency, princesse de Condé, alors âgée de quatorze ans. Le roi en tomba follement amoureux. Elle était alors promise au duc de Bassompierre, mais Henri IV fit rompre les fiançailles pour la marier lors de sa seizième année avec un prince de sang, son neveu Henri de Bourbon, prince de Condé, non seulement parce qu’il était laid, mais surtout parce qu’il avait la réputation d’être peu attiré par la gente féminine. Mais le jour même de ses noces, celui-ci enferma sa femme dans son hôtel parisien pour la soustraire aux appétits du roi et éviter le déshonneur.

 

Charlotte-Marguerite de Montmorency

 

En représailles, Henri lui coupa les vivres et le contraignit à s’installer à Fontainebleau, mais le prince fit de sa femme une chasse gardée. Alors le Vert-Galant recourut aux stratagèmes les plus fous pour l’approcher, comme se déguiser en « valet de chien» avec un emplâtre sur l’œil. Furieux, Condé se réfugia avec son épouse à Bruxelles, dans les Pays-Bas espagnols, son meilleur rempart. Les Archiducs Albert et Isabelle, pas mécontents de jouer un mauvais tour au roi de France, n’étaient pas enclins à restituer la princesse. Henri IV organisa un enlèvement à Bruxelles, mais il échoua car Charlotte était enfermée et surveillée.

 

 

Henri IV déclara-t-il la guerre à l’Espagne en 1610 pour Charlotte ? L’Histoire ne le dit pas mais qui sait… Toujours est-il que Charlotte prisonnière à Bruxelles tenta de s’évader. Son mari lui s’enfuit à Milan, combattre pour les Espagnols. Sa délivrance viendra le 14 mai 1610, jour où Henri IV fut assassiné. Sa veuve proclamée régente, Charlotte peut alors regagner Paris.