L’ULB : un projet issu tout droit des loges maçonniques

L’ULB : un projet issu tout droit des loges maçonniques

 

Fondée le 20 novembre 1834, l’Université Libre de Bruxelles est aujourd’hui l’une des principales universités belges, et certainement l’une des plus prestigieuses du pays. Elle est dotée d’une réputation internationale, et de nombreux Prix Nobel ont étudié dans cette université, notamment François Englert, Prix Nobel de Physique 2013.

Cependant, les débuts de l’université ne furent pas simples ! Il serait donc intéressant de se demander comment cette université a vu le jour, dans quelles circonstances et qui sont les principaux acteurs ayant contribué à sa naissance et son développement.

Tout a commencé lors de l’indépendance de la Belgique. L’enseignement supérieur était totalement désorganisé. Auguste Baron et Adolphe Quetelet étaient membres d’une loge maçonnique, connue sous le nom de « Les amis philanthropes », et des 1831, ils avaient estimé qu’il était nécessaire de mettre en place une université qui serait « libre » et qui pourrait transmettre le savoir des Lumières, mais tout cela ne resta qu’une idée, sans objectifs concrets atteints. Cependant, l’université catholique de Malines a été fondée en 1834, avec le soutien des évêques belges. Il s’agissait là d’un grand danger pour les Libéraux, et il était urgent de faire quelque chose pour combattre l’influence de l’Église. Théodore Verhaegen, juriste et également membre de ladite loge maçonnique, a lancé un appel, aussi bien dans les milieux libéraux que dans les loges maçonniques (notamment dans les loges du Grand Orient de Belgique), à la création d’une université libre.

Mais comment faire pour bâtir une telle université sans locaux, sans professeurs et surtout sans argent ? Là encore, un franc-maçon entra en jeu : Nicolas-Jean Rouppe, bourgmestre de Bruxelles, se chargea de trouver des locaux dans l’ancien palais de Charles-Alexandre de Lorraine. En ce qui concerne les professeurs, de nombreux bénévoles, principalement des francs-maçons (encore), se chargèrent alors de donner des cours, par exemple Henry De Brouckère. Enfin, la jeune université était principalement financée par des souscriptions lancées par de nombreuses loges maçonniques… dont le Grand Orient de Belgique !

Tout cela ne semblait pas plaire aux évêques. En effet, ils avaient du mal à accepter l’existence d’une université qui n’était pas soumise à leur contrôle. D’ailleurs, la presse catholique de l’époque s’indignait régulièrement des enseignements (blasphématoires aux yeux de l’Église de l’époque) qui y étaient assurés. Mais lors d’un discours, Verhaegen affirma : « Partis de la liberté d’enseignement, nous réalisons la liberté dans l’enseignement. »

Surmontant ainsi toutes les difficultés, l’ULB devint une université reconnue. Elle fut même la première université belge à accueillir des femmes !

 

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