Comment Benjamin Hall devint « Big Ben »

Comment Benjamin Hall devint "Big Ben"

C’est sans doute le plus célèbre carillon du monde. L’une des incontournables attractions de Londres. Mi, sol, fa, si… Quatre petites notes suffisent à Big Ben pour sonner l’heure depuis la grande tour du palais de Westminster. Mais vous êtes-vous déjà demandé qui était donc ce Big Ben, ce « grand Ben » qui a laissé son nom à la cloche de l'Elizabeth Tower et par extension à la célèbre tour londonienne ?

Il s’appelait en fait Benjamin Hall. Son père avait été le premier industriel a entrer au Parlement britannique. À la chambre basse bien sûr, la Chambre des communes – l’autre, la Chambre des Lords, étant réservée aux messieurs de la noblesse. Benjamin suit le parcours de son père et à 30 ans, il devient lui aussi membre du Parlement. Il mène une carrière politique assez classique jusqu’au jour où il fait passer une loi établissant le Bureau des Travaux métropolitains.

On est en 1855 et Benjamin Hall se dit qu’il est grand temps de faire de Londres une capitale moderne. Pour cela, il faut lancer une série de gros chantiers. Et il est nommé à la tête de ces chantiers, à un poste que l’on appellerait aujourd’hui « ministre des Travaux publics ».

Benjamin Hall s’attaque alors aux voiries, aux égouts (pour éviter que la Tamise continue d’être cette décharge aux odeurs insupportables), mais il doit aussi jongler avec un chantier déjà entamé : le chantier du Parlement. Une vingtaine d’années auparavant, en 1834, le palais de Westminster, qui abrite le Parlement britannique, a été la proie d’un violent incendie. Le bâtiment, réduit en cendres, doit être totalement reconstruit. Cela dit, lorsque Benjamin Hall entre en fonction, les travaux semblent pratiquement achevés. Les parlementaires ont d’ailleurs réintégré les lieux. Il reste cependant une tour à terminer : la Tour de l’Horloge, qui doit abriter un clocher.

Benjamin Hall, "Big Ben"

Satanée grosse cloche

 

Mais c’est bien plus compliqué qu’il y paraît. Parce que le cahier des charges est extrêmement exigeant. Pour l’horloge, il est prévu que le retard ne puisse excéder une seconde par jour. Et cela, aucun horloger ne veut s’y engager vu la taille du cadran, du mécanisme et les intempéries auxquelles ils seront soumis. Pour la cloche, c’est pareil. Jamais on a installé une cloche aussi grosse en Angleterre et les fondeurs se méfient du projet…

Benjamin Hall, responsable des travaux, doit donc faire preuve de diplomatie pour concilier les intérêts des uns et des autres. Il vient souvent sur le chantier et, comme c’est un homme de large carrure, les ouvriers le surnomment « Big Ben ». Il faut dire qu’à l’époque, c’est le surnom que donnent les Anglais à un autre Benjamin, très populaire : Benjamin Caunt, champion de boxe, catégorie poids lourds.
Big Ben suit donc les travaux de Westminster, attendant avec impatience la mise en service de la grosse cloche. Mais là… catastrophe ! Après quelques coups de marteau, la cloche se fissure. Benjamin Hall est effondré, il faut tout recommencer.

Retour à la fonderie. Une deuxième cloche est coulée. Un peu moins massive, quoique… Une fois le métal moulé, il lui faut quand même vingt jours pour refroidir et se solidifier.

Cette nouvelle cloche est installée au Parlement en mai 1859 mais dès l’été, elle commence elle aussi à se fissurer… Tant pis ! Ça suffit ! Et d’ailleurs, les Anglais l’apprécient ainsi. Ils la prennent en sympathie et oublient très vite son nom officiel, Great Bell, pour la surnommer « Big Ben »

Benjamin Hall est comblé. En cette même année 1859, il hérite d’un titre de baron qui lui permet de faire son entrée à la Chambre des Lords. C’est donc depuis le saint des saints qu’il pourra entendre sonner cette satanée grosse cloche qui lui a donné tellement de fil à retordre.

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