Marcel Petiot : un monstre psychopathe

Marcel Petiot : un monstre psychopathe

Marcel : un monstre psychopathe

Un jeune délinquant déjà délinquant dans sa jeunesse

Marcel Petiot (1897-1946) fut, dit-on, un gentil bambin. À l’âge de 2 ans, ses parents le confièrent à une brave femme surnommée «l’Henriette». Lorsqu’il lui caressait le visage, il la pinçait subitement jusqu’au sang. Son premier jouet fut un jeune chat à qui il fit subir les pires tortures. Un jour, en le tenant par la peau du cou, il lui plongea les pattes arrière dans l’eau bouillante. Le soir il l’emporta dans son lit pour dormir avec lui. Le lendemain matin, l’Henriette trouva Marcel tout heureux de serrer dans les bras le cadavre de la pauvre bête qu’il avait étranglée.

S’il se révéla un élève brillant, il se distingua aussi à l’école par des comportements très inquiétants. Ainsi déroba-t-il le revolver de son père, tira des coups de feu vers le plafond de la classe durant un cours d’histoire. Un ancien condisciple, Jean Delanove, se souvient que Petiot tirait aussi au revolver sur des chats. Dans la cour du collège, pendant une récréation, il voulut montrer le fonctionnement de l’arme à ses camarades et une balle lui traversa la main. Il diffusait dans la classe des photos pornographiques. Pour jouer au lanceur de couteau, il obligeait ses condisciples à se tenir immobiles devant la porte des cabinets. La lame venait parfois se planter à quelques millimètres des malheureux. Il fouillait les cartables et les poches des manteaux pour y voler les objets de valeur. À l’aide d’un bâton enduit de glu, il retirait des lettres des boîtes postales pour toucher les mandats qu’elles contenaient ou, débordant de joie à la seule idée des embrouilles qui surviendraient, expédiait aux uns et aux autres des correspondances qui ne leur étaient pas destinées. L’un de ses vols lui vaudra de comparaître devant un tribunal de la jeunesse mais, reconnu irresponsable, il sera renvoyé au lycée.

Un monstre

En 1916, Petiot fut mobilisé. Ensuite, il entreprit des études de médecine durant lesquelles il se livra à des expériences très spéciales, comme coudre l’anus de trois chats pour les empêcher de déféquer. S’il fut momentanément interné dans un asile d’aliénés pour troubles mentaux, il n’en décrocha pas moins son diplôme de médecin. Devenu maire de Villeneuve- sur-Yonne à 30 ans, ce docteur estimé au village pour sa bonté collectionnait avec passion des ouvrages obscènes en grand nombre et des bocaux contenant des sexes humains. Un jour, à la même époque, une laiterie partit en fumée. Au milieu des décombres, on retrouva le cadavre de Madame Debauve, épouse d’un laitier, dont le crâne portait une profonde blessure. L’avait- t-on tuée pour la voler? On le crut jusqu’au moment où l’on trouva chez elle, dans un tiroir, 230000 francs. Le cabaretier Frascot attesta pourtant qu’il avait vu entrer Petiot dans la maison avant l’incendie. Le juge d’instruction voulut entendre ce témoin. Quelques jours plus tard, Petiot croisa Frascot qui boitait. Il lui proposa de venir à son cabinet où il pourrait le soulager avec une piqûre. Frascot accepta. Rentré chez lui, il mourut trois heures plus tard. En tant que médecin de l’Etat- civil, Petiot délivra le constat de décès et le permis d’inhumer, pour « rupture d’anévrisme ».

Durant la Seconde Guerre mondiale, pour se faire un nom, il fit croire à l’existence d’une filière d’évasion pour l’Amérique du Sud. Aux intéressés, il proposait de venir chez lui avec leurs biens les plus précieux et de leur administrer les vaccins recommandés par les services de l’immigration. Il leur injectait en fait une forte dose de morphine, puis leur conseillait de prendre quelques instants de repos dans un débarras, dont il fermait la porte. Par un trou, il suivait les étapes de leur agonie. De cette manière, il tua 63 personnes. Son problème était de faire disparaître les cadavres. Au début de 1944, la Seine charria des débris humains en abondance: des têtes affreusement défigurées, la peau du visage arrachée, des torses découpés, des membres tronqués. Un paquet bien ficelé tomba un jour sur le pont d’une péniche, à la grande épouvante du marinier qui l’ouvrit. L’enquête démontra que Petiot avait pris l’habitude de transporter les morceaux de ses victimes dans une remorque attachée à sa bicyclette et de les jeter dans le fleuve. On découvrit aussi des restes dans son fameux débarras, et même dans une ancienne fosse d’aisance, en tout cas ce que la chaux vive avait bien voulu épargner.

Condamnation

Le 4 avril 1946, Petiot fut présenté à la Cour d’Assises de Paris. Accusé de 27 assassinats, il se défendit en proclamant qu’il s’agissait de cadavres de collaborateurs et d’Allemands. Cependant, il n’a pas expliqué comment un pyjama d’enfant s’est retrouvé dans les affaires volées à ses victimes... Malgré une longue plaidoirie de son avocat, maître René Floriot, la cour le reconnut coupable des 27 et le condamna à la guillotine. À l’avocat général qui vint le réveiller le matin de son exécution, quelques semaines plus tard, il déclara: «Tu me fais chier». Et devant la guillotine : « Ça ne va pas être beau !»