La fleur qui ne dura qu’une guerre

La fleur qui ne dura qu’une guerre

Pour la majorité des peuples l’ayant vécue, le souvenir de la Première Guerre mondiale est un élément essentiel de leur identité. Dans les pays du Commonwealth, ce souvenir s’exprime par le port du coquelicot, le poppy. Avant la guerre, peu de coquelicots poussaient en Flandres, mais durant les nombreux et terribles bombardements, les terrains crayeux devinrent riches en poussière de chaux, ce qui favorisa l’arrivée des coquelicots, couvrant de rouge sang les champs de bataille. Une fois la guerre terminée, la chaux fut rapidement absorbée et les coquelicots disparurent à jamais. Évoqué par le colonel John Mc Crae, médecin militaire canadien, dans son célèbre poème « In Flanders Fields », le coquelicot symbolise la mémoire des soldats morts au combat.

 

John McCrae

 

Inspirée par le poème, l’Américaine Moina Michael, qui travaillait dans les services humanitaires durant la guerre, publia un autre poème en réponse à celui de Mc Crae « We shall Keep the Faith » (Nous devons garder la foi). En hommage, elle en reprit les premières phrases, celles évoquant des coquelicots. Elle promit de toujours porter un coquelicot en mémoire des millions de soldats qui avaient donné leur vie sur les champs de bataille. Une fois la guerre finie, elle revint aux États-Unis pour s’occuper de soldats handicapés. Consciente de la nécessité de fournir des moyens financiers à ces militaires, elle vendit des coquelicots de soie afin de lever des fonds et de venir en aide aux anciens combattants. C’est ainsi que les premiers coquelicots furent vendus. Depuis, des coquelicots en papier sont vendus chaque année aux profits des anciens combattants durant le « jour du Souvenir » dans les pays anglo-saxons.

 

« In Flanders fields the poppies blow

Between the crosses row on row,

That mark our place ; and in the sky

The larks, still bravely singing, fly

Scarce heard amid the guns below.

We are the dead. Short days ago

We lived, felt dawn, saw sunset glow,

Loved and were loved and now we lie

In Flanders fields.

Take up our quarrel with the foe :

To you from failing hands we throw

The torch; be yours to hold it high.

If ye break faith with us who die

We shall not sleep, though poppies grow

In Flanders fields. »

 

Lieutenant-Colonel John McCrae

« Dans les champs de Flandres, les coquelicots ondulent

Entre les croix alignées

Qui marquent notre place ; et dans le ciel

Les alouettes chantent toujours bravement, volent

On les entend à peine au milieu des tirs en dessous

Nous sommes les morts. Il y a peu de temps

Nous vivions, ressentions l’aube, regardions la lueur du soleil couchant

Nous aimions et nous étions aimés et maintenant nous sommes allongés

Dans les champs de Flandres.

Reprenez notre querelle avec l’ennemi :

Que nous vous envoyons de nos mains défaillantes

Il vous appartiendra de tenir la torche élevée

Si vous brisez la foi qui avec nous se meurt

Nous ne dormirons pas, pourtant les coquelicots poussent

Dans les champs de Flandres »

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