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Frane Selak : l’homme le plus (mal) chanceux du XXe siècle

Tous les ne sont pas égaux devant la : certains la trouvent plus tôt que prévu, d’autres la rencontrent dans des circonstances improbables… et puis, il y a Frane Selak, également surnommé l’ le plus (mal) chanceux du XXe siècle. De sa naissance à nos jours, ce Croate habitant la banlieue de Zagreb n’a cessé de défier la grande faucheuse, toujours avec .

Frane vient au monde en juin 1929 et, déjà, des signes de son extraordinaire existence se manifestent. En effet, il nait après seulement sept mois de gestation. Ce jour-là, ses parents se trouvent dans une barque afin d’exercer la passion du père : la pêche. Lorsque sa mère se plaint de contractions, son conjoint croit à une blague et continue de surveiller sa ligne pour ne manquer aucune prise. Après de longues minutes de cris incessants, il se rend compte que sa compagne ne simule pas et est contraint de se muer en sage-femme afin d’assurer l’accouchement.

Malgré ces circonstances quelque peu difficiles de sa mise au monde, les véritables ennuis de Frane ne démarrent réellement qu’à l’âge de vingt-trois ans. En 1952, il voyage à bord d’un car dont la direction se bloque au milieu d’un pont. Le véhicule percute la lisière de sécurité et tombe dans la rivière en contrebas. Si Selak ne s’en sort qu’avec quelques blessures mineures, il ne s’agit là que du premier accident d’une longue série. Dix ans plus tard, il se trouve dans un train direction Dubrovnik. À cause d’un problème mécanique, le convoi déraille et les wagons chutent dans le cours d’eau situé à quelques mètres de la voie ferrée. L’eau commence à monter dans les compartiments et les fenêtres ne se brisent pas. Frane sent sa fin approcher, mais un homme parvient à ouvrir la porte de la rame et à l’extraire juste à . À nouveau, le Croate aurait pu y laisser sa peau et à nouveau, il s’en sort presque indemne.

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À peine a-t-il le temps de se remettre de ses émotions que déjà l’année suivante, en 1963, ses péripéties avec la grande faucheuse recommencent. Et cette fois, c’est dans le domaine aérien qu’il va fleureter avec la mort. Il se trouve en effet dans un avion vétuste qui donne quelques signes de fatigue au cours de son vol. L’un des moteurs finit par lâcher et l’engin pique du nez à grande vitesse en direction du sol. En arrivant sur les lieux du crash, les secours ne pensent trouver que des corps inanimés dont il faudra procéder à l’identification, mais, à leur plus grande surprise, ils trouvent deux survivants parmi les décombres. Bien évidemment, Frane Selak est l’un des deux.

Alors que n’importe quel autre être humain aurait déjà péri dans l’un de ces accidents, la liste des déboires de notre homme est encore loin d’être complète. En 1966, l’ se répète pour lui, car il se trouve à nouveau dans un autocar qui tombe une nouvelle fois dans un précipice. Au cours des années 1970, il survit également à deux accidents de voiture : le premier le voit se battre contre les flammes qui envahissent l’habitacle suite à un dysfonctionnement du moteur. Il parvient à sortir de son véhicule quelques secondes avant que celui-ci n’explose. Le second est des plus banals pour lui puisqu’il perd le contrôle de sa voiture, qui menace de tomber dans un ravin. Il n’est pas attaché, ce qui lui laisse le temps de sauter de son auto avant qu’elle ne fasse une de près de cent mètres dans le précipice qui longe la route. Enfin, le dernier péril en date de Frane intervient en 1995. C’est lors de cette année qu’il est renversé par un camion de l’ONU… lorsque même des pacifistes manquent de vous ôter la vie, survivre aussi longtemps relève presque du surnaturel.

Enfin, après toutes ces péripéties, la vie devient plus clémente avec Selak. Premièrement, il ne connait plus d’accident. Secondement, il gagne le gros lot à la loterie nationale et devient millionnaire. Il achète une maison, en profite pour épouser sa cinquième femme et dépense le reste en gâtant ses amis et en donnant à l’église de son village. Tout ce à quoi il aspire dorénavant est une vie paisible, entouré de ses proches et de la chorale qu’il dirige toujours actuellement.

Bien évidemment, plus personne en Croatie ne souhaite voyager avec lui, pas même sa femme. Lui-même refuse de prendre le bateau, car la mer est le seul domaine où il ne m’est pour l’instant rien arrivé. Car oui, pour l’homme le plus (mal) chanceux du monde, naitre avec deux mois d’avance sur une barque n’est pas considéré comme un problème.

Auteur : Arnaud Pitout

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