Bagarre, morts et arrestation : quand une fête étudiante dégénère

Au XIIe siècle, les étudiants vivant à Paris étaient déjà de gais lurons, s’enivrant en toute occasion (fêtes de saints, début et fin de sessions…), chantant et hurlant dans les rues la nuit, au mépris du sommeil du juste. Quand les bourgeois leur jetaient des seaux d’eau, ils défonçaient leurs portes, brutalisaient les hommes, coupaient les cheveux des femmes, pillaient leurs maisons.

En 1200, le valet d’un des étudiants allemands (les étudiants étrangers riches venaient en effet à Paris avec leurs domestiques), recommandé par l’évêque de Liège, en arriva à se disputer avec un cabaretier et le roua de coups. Vint ensuite toute la communauté des étudiants allemands, qui fit subir le même calvaire à toute la famille et cassa tout chez elle. Le prévôt de Paris, heureux d’en découdre avec ces voyous, leur envoya sa troupe, grossie de bourgeois en armes.

Quand ils arrivèrent chez l’étudiant allemand, ils trouvèrent en face d’eux quantité de ses condisciples en armes et la bagarre fut générale. Ces derniers résistèrent vaillamment, mais cinq d’entre eux furent tués. Averti, Philippe Auguste choisit d’arrêter son prévôt, parce qu’il craignait une réaction du pape en faveur des jeunes. Le prévôt, qui regrettait seulement de ne pas les avoir étripés tous, prit la fuite, mais mourut pendant son évasion, à la plus grande satisfaction de ses jeunes ennemis.

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