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Louis Pasteur n’avait pas le droit de faire des vaccins

Bien qu’aujourd’hui son nom soit lié au monde de la médecine, n’a jamais été médecin. C’était en effet un scientifique, physicien et chimiste de formation, mais il n’avait jamais étudié la médecine. Il n’avait ainsi aucune légitimité pour effectuer des tests de ses inventions sur les humains.

Louis Pasteur est un biologiste, microbiologiste et chimiste français réputé pour ses découvertes des principes de vaccination, fermentation microbienne et pasteurisation. On se souvient de lui pour ses remarquables percées dans les causes et la prévention des maladies, et ses découvertes sauvent de nombreuses vies depuis. Il réduit la mortalité de fièvre puerpérale et crée les premiers vaccins contre la rage et le charbon.

Ses découvertes médicales apportent un soutien direct à la théorie des germes de la maladie et à son application en médecine clinique. Il est surtout connu du grand public pour son invention de la technique de traitement du lait et du vin pour arrêter la contamination bactérienne, un procédé maintenant appelé pasteurisation. Il est considéré comme l’un des trois principaux fondateurs de la bactériologie, avec Ferdinand Cohn et Robert Koch, et est populairement connu comme le père de la microbiologie.

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Pasteur est responsable de réfuter la doctrine de la génération spontanée. Il réaliste des expériences qui montrent que, sans contamination, les micro-organismes ne peuvent pas se développer. Sous les auspices de l’Académie française des sciences, il démontre que dans des flacons stérilisés et scellés, rien ne s’est jamais développé. Et inversement, dans des flacons stérilisés mais ouverts, des micro-organismes pourront se développer. Bien que Pasteur ne soit pas le premier à proposer la théorie des germes, ses expériences indiquent son exactitude et convainquent la plupart de l’Europe qu’elle est vraie.

Aujourd’hui, il est souvent considéré comme l’un des pères de la théorie des germes. Pasteur fait des découvertes significatives en , notamment sur la base moléculaire de l’asymétrie de certains cristaux et de la racémisation. Au début de sa carrière, son enquête sur l’acide tartrique aboutit à la première résolution de ce que l’on appelle maintenant les isomères optiques. Ses travaux ouvrent la voie à la compréhension actuelle d’un principe fondamental de la structure des composés organiques.

Il est le directeur de l’Institut Pasteur, créé en 1887, jusqu’à sa mort, et son corps est inhumé dans un caveau sous l’institut. Bien que Pasteur fasse des expériences révolutionnaires, sa réputation devient associée à diverses controverses. Une réévaluation historique de son carnet révèle qu’il pratique la tromperie pour vaincre ses rivaux.

Louis Pasteur nait le 27 décembre 1822 à Dole, Jura, , dans une catholique d’un pauvre tanneur. Il est le troisième enfant de Jean-Joseph Pasteur et Jeanne-Etiennette Roqui. La déménage à Marnoz en 1826 puis à Arbois en 1827. Pasteur entre à l’école primaire en 1831.

Il est un étudiant moyen dans ses premières années, et pas particulièrement académique, car ses intérêts sont la pêche et le dessin. Il dessine de nombreux pastels et portraits de ses parents, amis et voisins. Pasteur fréquente l’école secondaire du Collège d’Arbois. En octobre 1838, il part pour Paris pour rejoindre la Pension Barbet, mais il a le mal du pays et revient en novembre.

En 1839, il entre au Collège Royal de Besançon pour étudier la philosophie et obtient son baccalauréat en lettres en 1840. Il est nommé tuteur au collège de Besançon tout en poursuivant un cursus de sciences avec spécialisation en mathématiques. Il échoue à son premier examen en 1841. Il réussit à passer le baccalauréat scientifique en 1842 de Dijon mais avec une note médiocre en chimie.

Plus tard en 1842, Pasteur passe le test d’entrée à l’École normale supérieure. Il réussit la première série de tests, mais parce que son classement est bas, Pasteur décide de ne pas continuer et de réessayer l’année prochaine. Il retourne à la pension Barbet pour se préparer au test. Il suit également des cours au Lycée Saint-Louis et des conférences de Jean-Baptiste Dumas à la Sorbonne. En 1843, il passe le test avec un rang élevé et entre à l’École Normale Supérieure. En 1845, il reçoit le diplôme licencié ès sciences. En 1846, il est nommé professeur de au Collège de Tournon en Ardèche, mais le chimiste Antoine Jérôme Balard le souhaite de nouveau à l’École Normale Supérieure comme assistant de laboratoire diplômé. Il rejoint Balard et commence simultanément ses recherches en cristallographie et en 1847, il soumet ses deux thèses, l’une en chimie et l’autre en .

Après avoir servi brièvement en tant que professeur de physique à Dijon Lycée en 1848, il devient professeur de chimie à l’ Université de Strasbourg, où il rencontre et courtise Marie Laurent, fille de l’université du recteur en 1849. Ils se marient le 29 mai 1849, et ensemble ont cinq enfants, dont seulement deux survivent à l’âge adulte. Les trois autres sont morts de la typhoïde.

Pasteur est nommé professeur de chimie à l’Université de Strasbourg en 1848 et devient la chaire de chimie en 1852. En 1854, il est nommé doyen de la nouvelle faculté des sciences de l’Université de Lille, où il commence ses études sur fermentation. C’est à cette occasion que Pasteur prononce sa remarque souvent citée : dans les champs de l’observation, le hasard ne favorise que les esprits préparés.

En 1857, il s’installe à Paris en tant que directeur des études scientifiques à l’École normale supérieure où il prend le contrôle de 1858 à 1867 et introduit une série de réformes pour améliorer le niveau du travail scientifique. Les examens deviennent plus rigides, ce qui conduit à de meilleurs résultats, une plus grande concurrence et un prestige accru. Cependant, nombre de ses décrets sont rigides et autoritaires, conduisant à deux graves révoltes étudiantes. Pendant la révolte des haricots, il décrète qu’un ragoût de mouton, que les étudiants ont refusé de manger, sera servi et mangé tous les lundis. À une autre occasion, il menace d’expulser tout élève surpris en train de fumer, et 73 des 80 élèves de l’école démissionnent.

En 1863, il est nommé professeur de géologie, physique et chimie à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts, poste qu’il occupe jusqu’à sa démission en 1867. En 1867, il devient chaire de chimie organique à la Sorbonne, mais il abandonne plus tard le poste en raison de sa mauvaise santé. En 1867, le laboratoire de chimie physiologique de l’École Normale est créé à la demande de Pasteur, et il est le directeur du laboratoire de 1867 à 1888. À Paris, il établit l’Institut Pasteur en 1887, dans lequel il est son directeur pour le reste de sa vie.

Dans les premiers travaux de Pasteur en tant que chimiste, commençant à l’École Normale Supérieure et se poursuivant à Strasbourg et Lille, il examine les propriétés chimiques, optiques et cristallographiques d’un groupe de composés appelés tartrates.

Il résout un problème concernant la nature de l’acide tartrique en 1848. Une solution de ce composé dérivé d’êtres vivants fait tourner le plan de polarisation de la lumière qui le traverse. Le problème est que l’acide tartrique dérivé par synthèse chimique n’a pas un tel effet, même si ses réactions chimiques sont identiques et sa composition élémentaire est la même.

Pasteur remarque que les cristaux de tartrates ont de petits visages. Puis il a observe que, dans les mélanges racémiques de tartrates, la moitié des cristaux sont droitiers et l’autre moitié gaucher. En solution, le composé droitier est dextrogyre, et le composé gaucher est lévogyre. Pasteur détermine que l’activité optique est liée à la forme des cristaux et qu’un arrangement interne asymétrique des molécules du composé est responsable de la torsion de la lumière. Les tartrates sont des images miroir isométriques non superposables les unes des autres. C’est la première fois que quelqu’un manifeste chiralité moléculaire, et aussi la première explication de l’isomérie.

Certains historiens considèrent les travaux de Pasteur dans ce domaine comme ses contributions les plus profondes et les plus originales à la et sa plus grande découverte scientifique.

Pasteur est motivé pour étudier la fermentation alors qu’il travaille à Lille. En 1856, un vigneron local, M. Bigot, dont le fils est un des élèves de Pasteur, sollicite ses conseils sur les problèmes de fabrication de l’alcool de betterave et de l’acidité.

Selon son gendre, René Vallery-Radot, en août 1857, Pasteur envoie un article sur la fermentation lactique à la Société des Sciences de Lille, mais l’article est lu trois mois plus tard. Un mémoire est par la suite publié le 30 novembre 1857. Dans le mémoire, il développe ses idées en déclarant que : J’ai l’intention d’établir que, tout comme il y a un ferment alcoolique, la levure de bière, qui est on trouve partout que le sucre se décompose en alcool et acide carbonique, il y a donc aussi un ferment particulier, une levure lactique , toujours présente quand le sucre devient de l’acide lactique.

Pasteur écrit également sur la fermentation alcoolique. Il est publié en pleine forme en 1858. Jöns Jacob Berzelius et Justus von Liebig ont proposé la théorie que la fermentation est causée par la décomposition. Pasteur démontre que cette théorie est incorrecte et que la levure est responsable de la fermentation pour produire de l’alcool à partir du sucre. Il démontre également que, lorsqu’un microorganisme différent contamine le vin, de l’acide lactique est produit, ce qui rend le vin aigre. En 1861, Pasteur observe que moins de sucre fermente par partie de levure lorsque la levure est exposée à l’air. Le taux inférieur de fermentation aérobie devient connu sous le nom d’Effet Pasteur.

Les recherches de Pasteur montrent également que la croissance des micro-organismes est responsable de la détérioration des boissons, telles que la bière, le vin et le lait. Avec cela établi, il invente un procédé dans lequel des liquides tels que le lait sont chauffés à une température comprise entre 60 et 100°C. Cela tue la plupart des bactéries et des moisissures déjà présentes en eux. Pasteur et Bernard effectuent des tests sur le sang et l’urine le 20 avril 1862. Pasteur brevète le procédé, pour lutter contre les maladies du vin, en 1865. La méthode devient connue sous le nom de pasteurisation et est bientôt appliquée à la bière et au lait.

La contamination des boissons conduit Pasteur à l’idée que les micro-organismes infectant les animaux et les humains provoquent des maladies. Il propose d’empêcher l’entrée de micro-organismes dans le corps humain, conduisant Joseph Lister à développer des méthodes antiseptiques en chirurgie.

En 1866, Pasteur publie des Etudes sur le Vin, sur les maladies du vin, et il publie des Etudes sur la Bière en 1876, sur les maladies de la bière.

Au début du 19e siècle, Agostino Bassi a montré que la muscardine est causée par un champignon infectant les vers à soie. Depuis 1853, deux maladies appelées pébrine et flacherie ont infecté un grand nombre de vers à soie dans le sud de la France et en 1865, elles causent d’énormes pertes aux agriculteurs. En 1865, Pasteur va à Alès et travaille pendant cinq ans jusqu’en 1870.

Les vers à soie avec pébrine sont couverts de corpuscules. Au cours des trois premières années, Pasteur pense que les corpuscules sont un symptôme de la maladie. En 1870, il conclut que les corpuscules sont la cause de la pébrine. Pasteur montre également que la maladie est héréditaire. Pasteur développe un système pour empêcher la pébrine : après que les papillons femelles pondent leurs œufs, les papillons sont transformés en pulpe. La pulpe est examinée au microscope, et si des corpuscules sont observés, les œufs sont détruits. Pasteur conclut que les bactéries causent la flacherie. On pense actuellement que la cause principale est des virus. La propagation de la flacherie peut être accidentelle ou héréditaire. L’hygiène pourra être utilisée pour éviter une flacherie accidentelle. Les papillons de nuit dont les cavités digestives ne contiennent pas les micro-organismes responsables de la flacherie sont utilisés pour pondre des œufs, empêchant la flacherie héréditaire.

Suite à ses expériences de fermentation, Pasteur démontre que la peau des raisins est la source naturelle des levures et que les raisins stérilisés et le jus de raisin ne fermentent jamais. Il puise du jus de raisin sous la peau avec des aiguilles stérilisées et couvre également les raisins avec un chiffon stérilisé. Les deux expériences n’ont pas pu produire du vin dans des récipients stérilisés.

Ses découvertes et ses idées vont à l’encontre de la notion dominante de génération spontanée. Il reçoit une critique particulièrement sévère de Félix Archimède Pouchet, directeur du Muséum d’histoire naturelle de Rouen. Pour régler le débat entre les éminents savants, l’Académie des sciences de France offre le prix Alhumbert de 2500 francs à quiconque peut manifester expérimentalement pour ou contre la doctrine.

Pouchet déclare que l’air partout peut provoquer la génération spontanée d’organismes vivants dans les liquides. À la fin des années 1850, il effectue des expériences et prétend qu’elles sont la preuve d’une génération spontanée. Francesco Redi et Lazzaro Spallanzani ont fourni des preuves contre la génération spontanée aux 17e et 18e siècles, respectivement. Les expériences de Spallanzani en 1765 suggèrent que l’air contaminé les bouillons par des bactéries. Dans les années 1860, Pasteur répète les expériences de Spallanzani, mais Pouchet rapporte un résultat différent en utilisant un bouillon différent.

Pasteur effectue plusieurs expériences pour réfuter la génération spontanée. Il place du liquide bouilli dans un ballon et laisse l’air chaud entrer dans le ballon. Puis il referme le flacon et aucun organisme n’y pousse. Dans une autre expérience, quand il ouvre des flacons contenant du liquide bouilli, la poussière entre dans les flacons, provoquant la croissance d’organismes dans certains d’entre eux. Le nombre de flacons dans lesquels les organismes grandissent est plus faible à des altitudes plus élevées, ce qui montre que l’air à haute altitude contient moins de poussière et moins d’organismes. Pasteur utilise également des flacons en col de cygne contenant un liquide fermentescible. L’air peut pénétrer dans le ballon via un long tube incurvé qui fait adhérer les particules de poussière. Rien ne pousse dans les bouillons à moins que les flacons ne soient inclinés, faisant que le liquide touche les parois contaminées du col. Cela montre que les organismes vivants qui poussent dans de tels bouillons proviennent de l’extérieur, sur la poussière, plutôt que de se générer spontanément dans le liquide ou de l’action de l’air pur.

Ce sont quelques-unes des expériences les plus importantes réfutant la théorie de la génération spontanée, pour laquelle Pasteur a remporté le prix Alhumbert en 1862. Il a conclu que :

Jamais la doctrine de la génération spontanée ne se remettra du coup mortel de cette simple expérience. Il n’y a aucune circonstance connue dans laquelle il peut être confirmé que des êtres microscopiques sont venus au monde sans germes, sans parents semblables à eux-mêmes.

Les travaux ultérieurs de Pasteur sur les maladies comprennent des travaux sur le choléra du poulet. Il reçoit des cultures de Jean Joseph Henri Toussaint, et les cultive dans du bouillon de poulet. Au cours de ce travail, une culture de la bactérie responsable s’est gâtée et n’a pas réussi à induire la maladie chez certains poulets qu’il infecte par la maladie. En réutilisant ces poulets sains, Pasteur découvre qu’il ne peut pas les infecter, même avec des bactéries fraîches. Les bactéries affaiblies ont rendu les poulets immunisés contre la maladie, bien qu’elles n’aient causé que des symptômes bénins.

En 1879, son assistant, Charles Chamberland, a reçu l’ordre de vacciner les poulets après le départ de Pasteur en vacances. Chamberland n’y parvient pas et part lui-même en vacances. À son retour, les cultures d’un mois rendent les poulets malades, mais au lieu que les infections soient mortelles, comme elles le sont habituellement, les poulets se rétablissent complètement. Chamberland suppose qu’une erreur a été commise et veut se débarrasser de la culture apparemment défectueuse, mais Pasteur l’arrête. Il inocule les poulets avec des bactéries virulentes qui tuent d’autres poulets et ils survivent. Pasteur conclut que les animaux sont désormais immunisés contre la maladie.

En décembre 1879, Pasteur utilise une culture affaiblie de la bactérie pour inoculer les poulets. Les poulets survivent et quand il leur inocule une souche virulente, ils sont immunisés. En 1880, Pasteur présente ses résultats à l’Académie française des sciences, affirmant que les bactéries sont affaiblies au contact de l’oxygène.

Dans les années 1870, il applique cette méthode d’immunisation à l’ anthrax, qui affecte le bétail, et suscite un intérêt pour la lutte contre d’autres maladies. Pasteur cultive des bactéries issues du sang d’animaux infectés par l’anthrax. Lorsqu’il inocule les animaux avec la bactérie, l’anthrax se produit, prouvant que la bactérie est la cause de la maladie. Beaucoup de bétail meurent d’anthrax dans des champs maudits. On dit à Pasteur que des moutons morts du charbon sont enterrés dans le champ. Pasteur pense que les vers de terre auront pu faire remonter les bactéries à la surface. Il trouve des bactéries du charbon dans les excréments des vers de terre, montrant qu’il a raison. Il dit aux fermiers de ne pas enterrer les animaux morts dans les champs.

En 1880, le rival de Pasteur, Jean-Joseph-Henri Toussaint, vétérinaire, utilise de l’acide carbonique pour tuer les bacilles du charbon et testa le sur des moutons. Pasteur pense que ce type de tué ne devra pas fonctionner, car il pense que les bactéries atténuées utilisent les nutriments dont les bactéries ont besoin pour se développer. Il pense que les bactéries oxydantes les rendent moins virulentes. Au début de 1881, Pasteur découvre que la croissance des bacilles du charbon à environ 42°C les rend incapables de produire des spores, et il décrit cette méthode dans un discours à l’Académie française des sciences le 28 février. Plus tard en 1881, le vétérinaire Hippolyte Rossignol propose à la Société d’agriculture de Melun d’organiser une expérience pour tester le de Pasteur. Pasteur est d’accord, et l’expérience, menée à Pouilly-le-Fort sur les moutons, les chèvres et les vaches, est un succès. Pasteur ne révèle pas directement comment il prépare les vaccins utilisés à Pouilly-le-Fort. Ses cahiers de laboratoire, maintenant dans la Bibliothèque Nationale à Paris, montrent qu’il emploie réellement la chaleur et le bichromate de potassium, semblable à la méthode de Toussaint.

La notion d’une forme faible d’une maladie provoquant une immunité à la version virulente n’est pas nouvelle. Cela est connu depuis longtemps pour la variole. L’inoculation par la variole est connue pour entraîner une maladie beaucoup moins grave et une mortalité considérablement réduite, par rapport à la maladie naturellement acquise. Edward Jenner a également étudié la vaccination utilisant la variole de la vache pour donner une immunité croisée à la variole à la fin des années 1790 et au début des années 1800, la vaccination s’est répandue dans la plupart de l’Europe.

La différence entre la vaccination antivariolique et l’anthrax ou la vaccination contre le choléra des poulets est que les deux derniers organismes pathogènes ont été artificiellement affaiblis, de sorte qu’il n’est pas nécessaire de trouver une forme naturellement faible de l’organisme pathogène. Cette découverte révolutionne le travail dans les maladies infectieuses et Pasteur donne à ces maladies artificiellement affaiblies le nom générique de vaccins, en l’honneur de la découverte de Jenner.

En 1876, Robert Koch a montré que Bacillus anthracis cause l’anthrax. Dans ses papiers publiés entre 1878 et 1880, Pasteur mentionne seulement le travail de Koch dans une note de bas de page. Koch rencontre Pasteur au septième congrès médical international en 1881. Quelques mois plus tard, Koch écrit que Pasteur a utilisé des cultures impures et commis des erreurs. En 1882, Pasteur répond à Koch dans un discours, auquel Koch répond de manière agressive. Koch déclare que Pasteur a testé son vaccin sur des animaux inadaptés et que la recherche de Pasteur n’est pas correctement scientifique. En 1882, Koch écrit Sur l’inoculation de l’anthrax, dans lequel il réfute plusieurs des conclusions de Pasteur sur l’anthrax et critique Pasteur pour garder ses méthodes secrètes, sauter aux conclusions et être imprécis. En 1883, Pasteur écrit qu’il utilise des cultures préparées de la même manière que ses expériences de fermentation réussies et que Koch a mal interprété les statistiques et ignoré les travaux de Pasteur sur les vers à soie.

En 1882, Pasteur envoie son assistant Louis Thuillier dans le sud de la France à cause d’une épizootie d’érysipèle porcin. Thuillier identifie le bacille qui cause la maladie en mars 1883. Pasteur et Thuillier augmentent la virulence du bacille après l’avoir passé à travers des pigeons. Ensuite, ils passent le bacille à travers les lapins, l’affaiblissant et obtenant un vaccin. Pasteur et Thuillier décrivent incorrectement la bactérie comme une forme en huit. Roux décrit la bactérie comme étant en forme de bâton en 1884.

Pasteur produit le premier vaccin contre la rage en cultivant le virus chez le lapin, puis en l’affaiblissant en séchant le tissu nerveux affecté. Le vaccin contre la rage est initialement créé par Emile Roux, un médecin français et un collègue de Pasteur, qui a produit un vaccin tué en utilisant cette méthode. Le vaccin a été testé sur 50 chiens avant son premier essai sur l’homme. Ce vaccin est utilisé sur Joseph Meister, 9 ans , le 6 juillet 1885, après que le garçon soit gravement mutilé par un chien enragé. Cela est fait à certains risques personnels pour Pasteur, car il n’est pas un médecin agréé et aura pu faire l’objet de poursuites pour avoir traité le garçon. Après avoir consulté des médecins, il décide de poursuivre le traitement. Sur 11 jours, Meister reçoit 13 inoculations, chaque inoculation utilisant des virus qui ont été affaiblis pendant une période plus courte. Trois mois plus tard, il examine Meister et conclut qu’il est en bonne santé. Pasteur est salué comme un héros et la question juridique n’est pas poursuivie. L’analyse de ses cahiers de laboratoire montre que Pasteur a soigné deux personnes avant sa vaccination de Meister. L’un survit, mais peut ne pas avoir eu la rage, et l’autre meurt de la rage. Pasteur commence le traitement de Jean-Baptiste Jupille le 20 octobre 1885 et le traitement réussit. Plus tard en 1885, des gens, dont quatre enfants des États-Unis, vont au laboratoire de Pasteur pour être inoculés. En 1886, il traite 350 personnes, dont une seule développe la rage. Le succès du traitement jette les bases de la fabrication de nombreux autres vaccins. Le premier des Instituts Pasteur est également construit sur la base de cette réalisation.

Dans The Story of San Michele, Axel Munthe écrit sur certains risques que Pasteur entreprend dans la recherche sur le vaccin antirabique :

Pasteur lui-même était absolument intrépide. Soucieux d’obtenir un échantillon de salive directement des mâchoires d’un chien enragé, je l’ai vu une fois avec le tube de verre tenu entre ses lèvres tirer quelques gouttes de la salive mortelle de la bouche d’un bulldog enragé, tenu sur la table. par deux assistants, les mains protégées par des gants de cuir.

En raison de son étude sur les germes, Pasteur encourage les médecins à désinfecter leurs mains et leur équipement avant la chirurgie. Avant cela, peu de médecins ou leurs assistants pratiquent ces procédures.

Héros national français à 55 ans, Pasteur dit en 1878 discrètement à sa famille de ne jamais révéler ses cahiers de laboratoire à personne. Sa famille obéit et tous ses documents sont conservés et hérités dans le secret. Enfin, en 1964, le petit-fils de Pasteur et dernier descendant masculin survivant, Pasteur Vallery-Radot, fait don des papiers à la Bibliothèque nationale de France. Pourtant, les documents sont réservés aux études historiques jusqu’à la mort de Vallery-Radot en 1971. Les documents ne reçoivent un numéro de catalogue qu’en 1985.

En 1995, le centenaire de la mort de Louis Pasteur, un historien des sciences Gerald L. Geison publie une analyse des cahiers privés de Pasteur dans son La science privée de Louis Pasteur, et déclare que Pasteur a donné plusieurs comptes trompeurs et joué des déceptions dans son découvertes les plus importantes. Max Perutz publie une défense de Pasteur dans The New York Review of Books. Sur la base d’un examen plus approfondi des documents de Pasteur, l’immunologiste français Patrice Debré conclut dans son livre Louis Pasteur que, malgré son génie, Pasteur a quelques défauts. Une critique de livre affirme que Debré le trouve parfois injuste, combatif, arrogant, peu attrayant dans l’attitude, inflexible et même dogmatique.

Les scientifiques avant Pasteur ont étudié la fermentation. Dans les années 1830, Charles Cagniard-Latour, Friedrich Traugott Kützing et Theodor Schwann utilisent des microscopes pour étudier les levures et concluent que les levures sont des organismes vivants. En 1839, Justus von Liebig, Friedrich Wöhler et Jöns Jacob Berzelius déclarent que la levure n’est pas un organisme et qu’elle est produite lorsque l’air agit sur le jus de plante.

En 1855, Antoine Béchamp, professeur de chimie à l’Université de Montpellier, mène des expériences avec des solutions de saccharose et conclut que l’eau est le facteur de fermentation. Il change sa conclusion en 1858, déclarant que la fermentation est directement liée à la croissance des moisissures, qui exige de l’air pour la croissance. Il se considère comme le premier à montrer le rôle des micro-organismes dans la fermentation.

Pasteur commence ses expériences en 1857 et publie ses découvertes en 1858. Béchamp note que Pasteur n’apporte aucune idée ou expérience nouvelle. En revanche, Béchamp est probablement au courant des travaux préliminaires de Pasteur en 1857. Les deux scientifiques revendiquant la priorité sur la découverte, un différend, s’étendant à plusieurs domaines, dure toute leur vie.

Cependant, Béchamp est du côté des perdants, comme le note la nécrologie du BMJ : son nom est associé à des controverses passées quant à la priorité qu’il ne serait pas rentable de rappeler. Béchamp propose la théorie incorrecte des microzymes. Selon KL Manchester, les anti-vivisectionnistes et partisans de la médecine alternative promeuvent Béchamp et les microzymes, affirmant sans justification que Pasteur a plagié Béchamp.

Pasteur pense que l’acide succinique inverse le saccharose. En 1860, Marcellin Berthelot isole l’invertase et montre que l’acide succinique n’inverse pas le saccharose. Pasteur croit que la fermentation est uniquement due aux cellules vivantes. Hans Buchner découvre que la zymase catalyse la fermentation, montrant que la fermentation est catalysée par des enzymes dans les cellules. Eduard Buchner découvre également que la fermentation peut avoir lieu à l’extérieur des cellules vivantes.

Pasteur affirme publiquement son succès dans le développement du vaccin contre l’anthrax en 1881. Cependant, son admirateur devenu rival Toussaint est celui qui développe le premier vaccin. Toussaint isole la bactérie responsable du choléra du poulet en 1879 et donne des échantillons à Pasteur qui les utilise pour ses propres travaux. Le 12 juillet 1880, Toussaint présente son résultat réussi à l’Académie française des sciences, en utilisant un vaccin atténué contre l’anthrax chez les chiens et les moutons. Pasteur, par jalousie, conteste la découverte en affichant publiquement sa méthode de vaccination à Pouilly-le-Fort le 5 mai 1881. Pasteur donne un compte rendu trompeur de la préparation du vaccin contre l’anthrax utilisé dans l’expérience de Pouilly-le-Fort. Il utilise du bichromate de potassium pour préparer le vaccin. L’expérience promotionnelle est un succès et aide Pasteur à vendre ses produits, en obtenant les avantages et la gloire.

Les expériences de Pasteur sont souvent citées comme contraires à l’éthique médicale, notamment sur sa vaccination de Meister. Il n’a aucune expérience de la pratique médicale et, surtout, n’a pas de licence médicale. Ceci est souvent cité comme une menace sérieuse pour sa réputation professionnelle et personnelle. Son partenaire le plus proche Émile Roux, qui a des qualifications médicales, refuse de participer à l’ essai clinique, probablement parce qu’il le considère injuste. Cependant, Pasteur exécute la vaccination du garçon sous la surveillance étroite des médecins pratiquants Jacques-Joseph Grancher, chef de la clinique pédiatrique de l’hôpital des enfants de Paris, et Alfred Vulpian, membre de la Commission sur la rage. Il n’est pas autorisé à tenir la seringue, bien que les inoculations soient entièrement sous sa supervision. C’est Grancher qui est responsable des injections et il défend Pasteur devant l’Académie nationale française de médecine dans la question.

Pasteur est également critiqué pour avoir gardé le secret sur sa procédure et pour ne pas avoir effectué d’essais précliniques appropriés sur des animaux. Pasteur déclare qu’il garde sa procédure secrète afin de contrôler sa qualité. Il divulgue ensuite ses procédures à un petit groupe de scientifiques. Pasteur écrit qu’il a vacciné avec succès 50 chiens enragés avant de l’utiliser sur Meister. Selon Geison, les cahiers de laboratoire de Pasteur montrent qu’il n’a vacciné que 11 chiens.

Meister ne montre jamais de symptômes de la rage, mais la vaccination n’est pas prouvée pour être la raison. Une source estime la probabilité que Meister contracte la rage à 10%.

Pasteur reçoit 1 500 francs en 1853 par la Société pharmaceutique pour la synthèse de l’acide racémique. En 1856, la Royal Society de Londres lui présente la Médaille Rumford pour sa découverte de la nature de l’acide racémique et ses relations avec la lumière polarisée, et la Médaille Copley en 1874 pour son travail sur la fermentation. Il est élu membre étranger de la Royal Society en 1869.

L’Académie française des sciences décerne à Pasteur le prix Montyon 1859 de physiologie expérimentale en 1860 et le prix Jecker en 1861 et le prix Alhumbert en 1862 pour sa réfutation expérimentale de la génération spontanée. Bien qu’il ait perdu des élections en 1857 et 1861 pour l’adhésion à l’Académie française des Sciences, il gagne l’élection de 1862 pour l’adhésion à la section de minéralogie. Il est élu secrétaire permanent de la section de sciences physiques de l’académie en 1887 et occupe le poste jusqu’en 1889.

En 1873, Pasteur est élu à l’Académie nationale de médecine et est nommé commandant de l’ordre brésilien de la Rose. En 1881, il est élu à un siège à l’Académie française laissé vacant par Émile Littré. Pasteur reçoit la Médaille d’Albert de la Société Royale des Arts en 1882. En 1883, il devient membre étranger de l’Académie Royale des Arts et des Sciences des Pays-Bas. Le 8 juin 1886, le sultan ottoman Abdul Hamid II décerne à Pasteur l’Ordre du Medjidie et 10000 lires ottomanes. Il reçoit le prix Cameron pour la thérapeutique de l’Université d’Édimbourg en 1889. Pasteur remporte la médaille Leeuwenhoek de l’Académie royale des arts et des sciences des Pays-Bas pour ses contributions à la microbiologie en 1895.

Pasteur fut fait chevalier de la Légion d’honneur en 1853, promu officier en 1863, commandant en 1868, grand officier en 1878 et grand-croix de la Légion d’honneur en 1881.

Dans de nombreuses localités du monde, les rues sont nommées en son honneur. Par exemple, aux États-Unis : Palo Alto et Irvine, Californie, Boston et Polk, Floride, à côté du centre des sciences de la santé de l’Université du Texas à San Antonio. Jonquière, Québec. San Salvador de Jujuy et Buenos Aires, Great Yarmouth à Norfolk, au Royaume-Uni, Jericho et Wulguru dans le Queensland. Phnom Penh au Cambodge. Ho Chi Minh Ville. Batna en Algérie. Bandung en Indonésie, Téhéran en Iran, près du campus central de l’Université de Varsovie à Varsovie, Pologne. Adjacent à l’Université de médecine d’État d’Odessa à Odessa, Ukraine. Milan en Italie et Bucarest, Cluj-Napoca et Timișoara en Roumanie. L’avenue Pasteur à Saigon, au Vietnam, est l’une des rares rues de cette ville à conserver son nom français. Avenue Louis Pasteur dans la zone médicale et universitaire de Longwood à Boston, Massachusetts, est nommé en son honneur à la française avec Avenue précédant le nom du dédicataire.

L’Institut Pasteur et l’Université Louis Pasteur portent le nom de Pasteur. Les écoles Lycée Pasteur à Neuilly-sur-Seine, France, et Lycée Louis Pasteur à Calgary, Alberta, Canada, portent son nom. En Afrique du Sud, l’hôpital privé Louis Pasteur de Pretoria et l’hôpital privé Life Louis Pasteur de Bloemfontein portent son nom. Hôpital Université Louis Pasteur de Košice, la Slovaquie est également le nom de Pasteur.

Une statue de Pasteur est érigé à l’école secondaire de San Rafael à San Rafael, en Californie. Un buste en bronze de lui réside sur le campus français du centre médical de San Francisco de Kaiser Permanente à San Francisco. La sculpture est conçue par Harriet G. Moore et coulée en 1984 par Artworks Foundry.

La Médaille UNESCO / Institut Pasteur est créée à l’occasion du centenaire de la mort de Pasteur, et est décernée tous les deux ans en son nom, en reconnaissance de recherches exceptionnelles contribuant à un impact bénéfique sur la santé humaine.

Après avoir développé le vaccin contre la rage, Pasteur propose un institut pour le vaccin. En 1887, débute la collecte de fonds pour l’Institut Pasteur, avec des dons de nombreux pays. Le statut officiel est enregistré en 1887, déclarant que les buts de l’institut sont le traitement de la rage selon la méthode développée par M. Pasteur et l’étude des maladies virulentes et contagieuses. L’institut est inauguré le 14 novembre 1888. Il réunit des scientifiques de diverses spécialités. Les cinq premiers départements sont dirigés par deux diplômés de l’École Normale Supérieure : Émile Duclaux et Charles Chamberland, ainsi qu’un biologiste, Élie Metchnikoff, et deux médecins, Jacques-Joseph Grancher et Émile Roux. Un an après l’inauguration de l’institut, Roux met en place le premier cours de microbiologie jamais enseigné dans le monde, alors intitulé Cours de Microbie Technique. Depuis 1891, l’Institut Pasteur est étendu à différents pays, et il existe actuellement 32 instituts dans 29 pays dans diverses parties du monde.

Son petit-fils, Louis Pasteur Vallery-Radot, écrit que Pasteur n’a gardé de son origine catholique qu’un spiritisme sans pratique religieuse. Cependant, les observateurs catholiques disent souvent que Pasteur reste un chrétien ardent pendant toute sa vie, et son gendre écrit, dans une biographie de lui :

La foi absolue en Dieu et en l’éternité, et la conviction que le pouvoir du bien qui nous est donné dans ce monde se prolongera au-delà, étaient des sentiments qui ont imprégné toute sa vie; les vertus de l’Évangile lui avaient toujours été présentes. Plein de respect pour la forme de religion qui avait été celle de ses ancêtres, il y vint simplement et naturellement pour une aide spirituelle dans ces dernières semaines de sa vie.

Le Literary Digest du 18 octobre 1902 donne cette déclaration de Pasteur selon laquelle il prie pendant qu’il travaille :

La postérité se moquera un jour de la folie des philosophes matérialistes modernes. Plus j’étudie la nature, plus je suis étonné du travail du Créateur. Je prie pendant que je suis engagé dans mon travail au laboratoire.

Maurice Vallery-Radot, petit-fils du frère du gendre de Pasteur et franc-catholique, soutient également que Pasteur reste fondamentalement catholique. Selon Pasteur Vallery-Radot et Maurice Vallery-Radot, la citation bien connue suivante attribuée à Pasteur est apocryphe : Plus j’en sais, plus ma foi est proche de celle du paysan breton. Je sais tout ce que j’aurais la foi d’une paysanne bretonne. Selon Maurice Vallery-Radot, la fausse citation apparait pour la première fois peu de temps après la mort de Pasteur. Cependant, malgré sa croyance en Dieu, il est dit que ses vues sont celles d’un libre-penseur plutôt que d’un catholique, un spirituel plus qu’un religieux. Il est également contre le mélange de la science avec la religion.

En 1868, Pasteur subit un grave accident cérébral qui paralyse le côté gauche de son corps, mais il récupère. Un accident vasculaire cérébral ou une urémie en 1894 altère gravement sa santé. À défaut de récupérer complètement, il meurt le 28 septembre 1895, près de Paris. Il est donné un enterrement d’état et est enterré dans la cathédrale de Notre-Dame, mais ses restes sont réenterrés dans l’Institut Pasteur à Paris, dans une voûte couverte dans des représentations de ses accomplissements dans les mosaïques byzantines.

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