Quand un cartel contrôle la vente… des lampes !

Quand un cartel contrôle la vente... des lampes !

Entre 1924 et 1955, les plus grands fabricants de lampes mirent en place le cartel Phœbus, qui avait pour but de contrôler la production mondiale de lampes à incandescence et de s’entendre sur les prix pratiqués. On leur doit le premier cas d’obsolescence programmée (fait de réduire la durée de vie d’un produit dans un souci économique). Le cartel échoue finalement à contrer l’arrivée de meilleurs compétiteurs, après trente ans de pratique (il a été suspendu en 1939 en raison de la Seconde Guerre mondiale).

Le cartel Phœbus est un jalon important dans l’histoire de l’économie mondiale, car il s’est engagé dans une désuétude planifiée à grande échelle pour générer un plus grand nombre de ventes et maximiser les profits. Il a réduit la concurrence entre les grands de l’industrie des ampoules et a été, de ce même fait, accusé d’avoir empêché à des ampoules plus durables et plus performantes de voir le jour. 

En 1921, une organisation de précurseurs fut fondée par Osram, l’Internationale Glühlampen Preisvereinigung. Lorsque Philips et d’autres fabricants entrèrent sur le marché américain, General Electric réagit en créant l’« International General Electric Company » à Paris. Le commerce des brevets et la pénétration du marché ont été coordonnés par les deux organisations qui ne firent plus qu’une : le cartel Phœbus. 

Le cartel était un moyen pratique de réduire les coûts et de normaliser l’espérance de vie des ampoules à 1 000 heures (contre 2500 heures auparavant) tout en augmentant les prix sans crainte de la concurrence. Les ampoules des membres ont été régulièrement testées et des amendes ont été imposées pour les ampoules qui ont duré plus de 1 000 heures (un tableau datant de 1929 faisait office de barème : il y était indiqué en francs suisses le prix à payer en fonction du nombre d’heures dépassées !). Certains ingénieurs prétendaient que 1 000 heures correspondaient à une espérance de vie raisonnable pour la plupart des ampoules et qu’une durée de vie plus longue ne pouvait être obtenue qu’aux dépens de l’efficacité de l’ampoule, car on obtenait progressivement plus de chaleur et moins de lumière.

Ce cartel était notamment composé de Philips, Osram ou bien encore La Compagnie des Lampes et General Electric. 

Dans son roman, L’Arc-en-ciel de gravité, paru en 1973, Thomas Pynchon fait illusion au cartel. Il met en effet en scène une ampoule immortelle qui serait traquée à travers toute l’Europe par Phœbus !