Huit chevaliers qui ont changé le cours de l’Histoire

Huit chevaliers qui ont changé le cours de l’Histoire

Au Moyen Âge, les chevaliers symbolisaient la gloire de la puissance militaire.

Il n’existe pas de symbole plus iconique de l’Europe médiévale que les chevaliers : vêtus d’une armure brillante, ils se battaient en duel avec leurs ennemis, en portant un gage de l’amour de leur bien-aimée. Mais les chevaliers étaient bien plus que de simples figures romantiques, ils étaient le triomphe du génie militaire. Des récits du Moyen Âge décrivent des guerriers bien entrainés et lourdement armés piétinant leurs ennemis, leur tranchant les membres et la tête.

La nécessité de chevaux, armure et armes pour être chevalier suggère que c’était un métier pour les riches. La plupart des chevaliers venaient de familles nobles et les victoires sur les champs de bataille pouvaient résulter en une concession royale de terres ou titres supplémentaires.

Naturellement, en tant que chefs des armées, les chevaliers sont responsables des victoires et défaites des plus importantes batailles médiévales. Mais ils ont également écrit l’histoire d’autres façons. Beaucoup tinrent d’importantes positions religieuses. Certains écrivirent des histoires ou de la poésie qui ont contribué à construire l’image que nous avons aujourd’hui des chevaliers.

Guillaume de Poitiers

L’une des premières et plus importantes victoires des chevaliers au Moyen Âge est la conquête normande de l’Angleterre, dont nous connaissons la plupart du déroulement grâce à Guillaume de Poitiers (c. 1020 – 1090). Formé comme chevalier dans sa jeunesse, Guillaume est devenu prêtre et érudit. Lorsque Guillaume le Conquérant envahit l’Angleterre en 1066, Guillaume de Poitiers était son aumônier. Il offrit un célèbre récit de la vie du chevalier et de sa conquête.

Le prêtre n’a pas hésité à avantager son roi dans son récit, qualifiant son attaque avec un bouclier scintillant et une lance de « vision à la fois délicieuse et épouvantable. » Malgré son parti pris, Guillaume de Poitiers travailla dur sur la véracité de son récit. Par exemple, son récit de la Bataille de Hastings, un affrontement entre des chevaliers triomphants sur leurs montures et l’armée anglo-saxonne composée principalement d’infanterie, est basé principalement sur des témoins visuels directs, des soldats qui s’y sont battus, fournissant l’une des sources les plus importantes pour les historiens modernes.

Le Cid (Rodrigo Díaz)

Rodrigo Díaz (c. 1043 – 1099), plus connu sous le nom Le Cid, est un héros de la Reconquête espagnole dont on se souvient pour avoir mené les chrétiens à la victoire contre les dirigeants musulmans en Espagne. Cependant, sa vraie histoire est un peu plus compliquée.

Né dans une famille aristocratique de Castille, Díaz devint un éminent chef militaire au service de deux Rois de Castille. Plus tard, il passa plus d’une décennie à se battre en tant que mercenaire pour les musulmans, ce qui le rendit riche et célèbre. Il servit le taifa de Saragosse, un état musulman qui se situait de ce qui est aujourd’hui la partie est de l’Espagne, et vaincu des armées chrétiennes et arabes.

L’historien Simon Barton écrit que c’est seulement à la fin de sa vie que le Cid combattit dans des batailles qui lui ont permis d’acquérir sa place dans l’histoire et les légendes. Ses troupes reprirent la ville de Valence aux mains des musulmans en 1094. Plus tard cette même année et puis en 1097, il repoussa les armées des Almoravides qui essayèrent de reprendre la ville.

Pendant des siècles après sa mort en 1099, des biographes, des poètes et plus tard des réalisateurs, le glorifièrent en tant que patriote espagnol et guerrier chrétien qui repoussa les forces de l’Islam.

Hugues de Payens

Cofondateur et premier grand maitre de l’ordre du Temple, Hugues de Payens (c. 1070 – 1136) est une figure clé de l’histoire des Croisades. Les détails de sa jeunesse sont vagues, mais ce noble français a peut-être participé à la première croisade, durant laquelle les armées chrétiennes européennes ont pris Jérusalem.

Après cela, les chrétiens firent de plus en plus de pèlerinage à la ville sainte et ils furent souvent victimes d’attaques sur la route. Vers 1118, de Payens et huit autres chevaliers demandèrent la permission du roi de Jérusalem, Baldwin II, pour former une armée afin de protéger les pèlerins. Les Templiers reçurent le soutien des autorités chrétiennes, dont celui du Pape Innocent II, qui en 1139 les exemptèrent des taxes et autorités autres que la sienne.

Les Templiers devinrent une force économique majeure, développant un réseau de banques, une flotte de bateaux et des commanderies dans toute l’Europe. Lorsque les musulmans reprirent Jérusalem à la fin du XIIe siècle, l’ordre perdit son rôle là-bas. Un peu plus d’un siècle plus tard, le roi de France, Philippe IV, dit « le Bel », porta le coup fatal à l’Ordre, en torturant et tuant ses chevaliers et en exécutant son dernier Grand Maitre, Jacques de Molay, en 1307.

Guy de Lusignan

Guy de Lusignan (c. 1150 — 1194) a fait l’histoire non pas à cause d’une victoire sur le champ de bataille, mais à cause d’une terrible défaite. Chevalier français, Guy voyagea à Jérusalem, où il épousa Sibylla, la sœur du roi Baldwin V. Quand le roi et son hériter moururent, Guy devint roi de Jérusalem, mais non sans drame politique, car beaucoup estimaient que Raymond III de Tripoli était le roi légitime.

La discorde parmi les dirigeants des états des croisés coïncide avec le moment où les campagnes militaires musulmanes gagnèrent du terrain. En juillet 1187, le célèbre chef militaire Saladin attaqua les croisés à Tiberias. Malgré le conseil de ses alliés de ne pas riposter, Guy mobilisa des troupes chrétiennes pour se battre dans ce qui sera plus tard appelé la Bataille de Hattin.

Les armées chrétiennes marchèrent de longues heures avec peu d’eau, harcelées pas les hommes de Saladin, qui allumaient des feux pour affaiblir leurs ennemis avec la chaleur et la fumée. Il y avait peu de discipline au sein de l’armée de Guy et Saladin gagna une victoire décisive, qui ouvrit la voie à la conquête musulmane des pôles chrétiens, dont Jérusalem.

Les troupes de Saladin capturèrent Guy à Hattin, mais le relâchèrent rapidement. Plus tard, Richard I donna le titre de roi Chypre à Guy de Lusignan.

William Marshal

Quatrième fils d’un petit noble, William Marshal (c. 1146 – 1219) devint l’un des chevaliers les plus admirés de l’histoire anglaise. Au début de sa carrière de chevalier, il se battit dans des tournois où des centaines, voir des milliers de chevaliers combattait dans une grande mêlée. Il devint une célébrité, voyageant de tournoi en tournoi, et devint riche grâce aux prix qu’il gagna.

Il servit cinq rois anglais et épousa l’héritière Isabel de Clare. Il devint l’un des hommes les plus riches du pays. William participa aux négociations entre le roi John et ses barons qui aboutirent à la signature de la Magna Carta en 1215. À la mort du roi John en 1216, William devint le régent du roi Henry III, alors âgé de 9 ans. Même s’il avait près de 70 ans à l’époque, il mena l’armée du jeune roi à la victoire contre les Français et les barons rebelles en 1217.

Geoffroi de Charny

Geoffroi de Charny (c. 1304 – 1356) était connu parmi ses contemporains comme un chevalier exemplaire, et on se souvient de lui aujourd’hui principalement pour les instructions qu’il fournit sur la chevalerie et les batailles. Il se battit pour le roi Jean II de France et porta l’étendard de la couronne dans la bataille, une place de grand honneur.

Geoffroi devint l’un des membres fondateurs de l’Ordre de l’Étoile, un groupe de chevaliers d’élite fondé par le roi en 1351. Geoffroi écrivit trois livres qui définissent les exigences pratiques et spirituelles de la chevalerie. Dans ses livres, il aborde principalement le sacrifice de soi et l’honneur et explique qu’ils ne sont pas seulement moralement justes, mais également cruciaux pour vaincre lors d’une bataille. Par exemple, il avertit les chevaliers de ne pas se battre uniquement pour les butins de guerre en expliquant que les combattants cupides peuvent abandonner la bataille trop tôt simplement pour collecter le butin.

Geoffroi était très pieux et est le premier propriétaire enregistré du suaire de Turin. Ses instructions sur l’élévation d’un combattant au rang de chevalier décrivent des actes hautement symboliques et le port de vêtements particuliers dont un linge blanc qui signifie la libération du péché, une tunique rouge qui représente la volonté de verser le sang et des chaussures noires qui symbolisent le fait d’être prêt à faire face à la mort à tout moment.

Édouard le Prince noir

Édouard de Woodstock (1330 – 1376), connu sous le nom de Prince noir, était l’un des plus célèbres chefs de la guerre de Cent Ans. Il était le fils et l’hériter manifeste d’Édouard II d’Angleterre. Il servit dans ses premières campagnes militaires dans le nord de la France quand il avait environ 16 ans. Il fut nommé commandant de guerre moins d’une décennie après. Sa campagne militaire la plus célèbre fut la bataille de Poitiers en 1356, où il fit prisonnier le roi Jean II de France. Conformément à ses convictions chevaleresques, il traita le roi avec la plus grande courtoisie, mais avant de le relâcher, négocia des tractations avantageuses, des cessions d’or et de terres à l’Angleterre.

Édouard était connu pour son style de vie chevaleresque et sa fortune. Il aimait les duels, la fauconnerie et la chasse et offrait la charité à des causes religieuses.

Jeanne d’Arc

Née de parents modestes, Jeanne d’Arc (c. 1412 – 1431) avait ce qu’elle qualifiait de vision de Dieu. À 17 ans, ses visions la poussèrent à demander une audience avec le futur roi Charles VII, qui se battait contre les Anglais pour le trône de France. Elle mena les armées françaises à la victoire et fut aux côtés de Charles lors de son couronnement en 1429. En 1430, elle fut jetée au bat de son cheval pendant une bataille et livrée aux autorités religieuses qui la condamnèrent pour sorcellerie, hérésie et travestisme. En 1431, à 19 ans, elle fut brûlée sur le bucher.

Jeanne d’Arc est souvent associée aux chevaliers. Ce n’est peut-être pas la vision que ses contemporains avaient d’elle, mais elle partageait de nombreuses qualités avec les chevaliers de son époque. Elle créa des stratégies militaires, portait une armure et attribuait ses victoires militaires à sa foi. Comme de nombreux chevaliers, elle gagna un titre qu’elle transmit à ses descendants : le roi Charles VII offrit des armoiries et la noblesse à sa famille.

Jeanne d’Arc est une héroïne de France. Elle a été canonisée en 1920.