Les Catacombes de Paris : histoire d’une nécropole souterraine

Crédit photo : Fraser Mummery

Les touristes qui affluent à Paris le font généralement pour admirer certains des sites emblématiques de la capitale française. Qui ne serait pas séduit par la vue imprenable depuis le sommet de la tour Eiffel ? Ou par l’idée de faire exploser tout son budget vacances quelque part le long des Champs-Élysées ? Et quel voyage à Paris serait complet sans visiter l’œuvre d’art la plus célèbre au monde, la Joconde ? Tout agent de voyages recommanderait des destinations touristiques comme la capitale et pourtant… Paris possède une autre attraction touristique qui est bien souvent laissée pour compte et, bien qu’elles soient parmi les destinations les plus populaires pour les touristes, les Catacombes de Paris ne plairont pas à tout le monde.

Sous les lumières animées de la ville et le rayonnement des attractions telles que Notre-Dame se cache un tout autre aspect de la ville de l’amour. Un labyrinthe de tunnels et de cryptes se cache juste sous les rues. Ce labyrinthe a été initialement construit au milieu du XVIIIe siècle à partir de grottes calcaires existantes et connues déjà durant l’Antiquité. Situés à l’origine à la périphérie de la ville naissante, les bâtiments ont été construits à partir de matériaux provenant des grottes. Au fur et à mesure que le temps passait et que les matériaux disponibles étaient épuisés, la décision a été prise de convertir ces grottes en un cimetière de fortune. Des générations de Parisiens témoignaient du fait que Paris s’était étendu.

À l’approche du XIXe siècle, les cimetières existants se surpeuplaient. Les enterrements inappropriés, les tombes ouvertes et les cadavres exhumés deviennent un réel problème. Un édit de Louis XV en 1763, qui interdit les enterrements à Paris, n’arrange pas non plus les choses. L’Église ne souhaite pas toucher aux sépultures des défunts et refuse de coopérer. Cette impasse dure encore 18 ans jusqu’à ce que les pluies excessives d’un printemps forcent un compromis. Un mur qui borde le plus grand cimetière de Paris, Les Innocents, s’effondre et expose des cadavres en décomposition sur les propriétés voisines. Lorsque les carrières sont bénies et consacrées, le transfert des morts peut commencer et il faut deux ans pour que les « habitants » des Innocents soient tous transférés. Au cours des décennies suivantes, d’autres cimetières sont déplacés vers le nouveau lieu de sépulture.

En 1867, les Catacombes sont officiellement ouvertes au public, mais les visiteurs y ont déjà accès 50 ans auparavant.

Les tunnels tentaculaires sont vastes et il est assez aisé de s’y perdre. Il y a plusieurs histoires de personnes entrant dans les tunnels et n’en ressortant jamais. Une vidéo amateur du parcours d’un homme solo dans les Catacombes est disponible sur YouTube et est révélatrice du sort que l’on peut imaginer réservé à ceux qui s’y perdent. À ce jour, il y a 6 à 7 millions de morts confinés dans les chambres souterraines.

En 2007, une rénovation majeure de l’ensemble de la zone commence et dure environ un an. Les Catacombes rouvrent ensuite au public avec certaines règles.

  • Les visitent durent généralement 45 minutes, mais peuvent durer jusqu’à 90 minutes
  • La température dans les catacombes peut être fraiches, un manteau ou une veste sont donc conseillés — même pendant l’été
  • Les visites couvrent une distance d’environ 2 km et peuvent inclure des escaliers
  • Les enfants de moins de 14 ans doivent être accompagnés d’un adulte
  • Il n’y a pas d’installations dans les catacombes
  • Il n’y a pas de casiers disponibles pour déposer des objets personnels ou des objets de valeur
  • Seul un nombre de visiteurs limité est autorisé à un moment donné et ce nombre peut varier.
  • Les visites de groupe de 10 à 20 personnes sont autorisées uniquement du mardi au vendredi matin et doivent être organisées à l’avance avec le musée Carnavalet (appelez le 01 44 59 58 31 pour plus d’informations)
  • Une grande partie des catacombes est interdite au grand public

La législation française de 1955 interdit l’accès aux Catacombes à tout autre endroit que l’entrée officielle. Les explorateurs urbains connus sous le nom de Cataphiles parviennent toujours à pénétrer dans les tunnels et à les explorer illégalement. L’apogée de ces activités a lieu dans les années 1980 et 1990, mais elles se produisent encore aujourd’hui avec environ 300 Cataphiles entrant par semaine. Beaucoup de ces casse-cou ne se font jamais prendre et sont inconnus des autorités. Cependant, plutôt que de simplement entrer et occuper les tunnels, ils réussissent à y installer des infrastructures confortables et modernes. On y a même découvert un cinéma en activité et un bar ainsi qu’un restaurant réapprovisionnés quotidiennement.

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