Défoncé au cinéma, il compose un chef-d’œuvre !

Défoncé au cinéma, il compose un chef-d’œuvre !

En 1968, David Bowie traînait pas mal dans les salles de cinéma. Son film préféré de l’époque ? 2001 Odyssée de l’Espace, le classique de Stanley Kubrick. Bowie l’a vu plusieurs fois, et à chaque vision, c’était une révélation. Petit détail qui a son importance, il était totalement défoncé pendant les séances... Et c’est ce film qui lui inspira quelques mois plus tard l’un de ses premiers chefs-d’oeuvre, Space Oddity.

 

Le titre Space Oddity, qui n’apparaît pas dans la chanson, n’est d’ailleurs rien d’autre qu’un jeu de mots sur le titre original du film, 2001, A Space Odyssey. L’odyssée de l’espace devient une curiosité dans l’espace. Space Oddity n’a donc pas été influencé par les premiers pas de l’homme sur la Lune, comme on le croit généralement. Mieux, c’est justement cette chanson que la BBC utilisera lors de la fameuse retransmission en direct du 21 juillet 1969. Et manifestement, il n’y aura personne pour leur signaler le vrai fond de la chanson…

 

En réalité, le texte est un dialogue entre la tour de contrôle et une fusée qui s’apprête à décoller. Au poste de pilotage, Major Tom. Le premier couplet comprend les dernières recommandations, interrompues par le décompte final : « Prenez vos pilules de protéines, mettez votre casque, le décompte commence, moteur, allumage et que l’amour de Dieu vous accompagne, Yihaaaaaaa ! »

 

Ensuite, on change quelque peu de registre. Bravo Major Tom, vous avez réussi, you’ve really made the grade, mais maintenant, il va falloir quitter la capsule...

 

Major Tom prend alors la parole : « Je suis en train de passer la porte, je flotte dans l’espace d’une manière très étrange, les étoiles ont l’air différentes aujourd’hui. Je suis là dans une cabine loin au-dessus de la Terre, qui est bleue et je ne peux rien y faire... Je plane à des centaines de milliers de kilomètres, je me sens pépère, je pense que mon vaisseau connaît le chemin, dites à ma femme que je l’aime, elle le sait. » Les circuits sont grillés, il y a un problème. Vous m’entendez Major Tom ?

 

Voilà, exit Major Tom, dont le corps flotte encore toujours quelque part au-dessus de nos têtes. Onze ans plus tard, on retrouve sa trace dans un autre tube de Bowie, Ashes to Ashes, où il reprend contact avec la terre. Il se déclare heureux dans l’espace, mais Ground Control le sait désormais : Major Tom est un junkie. Ce qui nous ramène dans les salles obscures fréquentées par Bowie en 1968. Le Major Tom ne serait-il qu’un des nombreux avatars de Bowie himself, avec Ziggy Stardust, Aladdin Sane, Halloween Jack ou le Thin White Duke ?

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