Cortes, la tomate et la dinde

Cortes, la tomate et la dinde

Depuis les voyages de Christophe Colomb, d’autres explorateurs se sont intéressés à l’Amérique. Parmi ceux-ci, Fernand Cortez fut un des plus prestigieux. En fait, il s’appelait simplement Fernando Cortez de Monroy Pizarro Altamirano, et l’on orthographie son nom de diverses manières. C’était un Espagnol, né vers 1485, à Medellin, en Estrémadure. En 1511, il arrive à Cuba, où il s’installe avec le projet de conquérir des terres pour le compte de Charles Quint. Le 10 février 1519, il a monté une expédition, et il quitte Cuba, en direction du Mexique, avec une flottille de onze vaisseaux et 16 cavaliers, 518 fantassins, 13 artilleurs, 13 arquebusiers, 110 marins et 200 auxiliaires indiens ou « nègres », comme on disait en 1519. Il arrive à destination le 22 avril, et il rencontre la vive opposition des Aztèques. Après de durs combats, Cortez et sa minuscule armée parviennent à s’emparer de Mexico, la ville aztèque principale, le 13 août 1521. Charles Quint règne désormais sur de nouveaux territoires, qui formeront la Nouvelle-Espagne en 1525.

 

 

Lors de ses pérégrinations dans le pays, en 1519, Cortez découvre une plante inconnue, cultivée par les Aztèques pour ses gros fruits comestibles. C’est la tomate, qui va être introduite d’abord en Espagne, puis en Italie (via Naples), puis dans toute l’Europe.

 

 

La première description de la plante date de 1544. Le botaniste italien Andrea Matthioli (1501-1577) la présente, sous le nom de pomo d’oro (« pomme d’or »), dans Commentarii in sex libros Pedacii Dioscoridis (Nicolo de Bascarini, Venise), des commentaires au célèbre ouvrage de « matière médicale » du Grec Dioscoride (premier siècle de notre ère).

 

 

Dans les années 1590, le botaniste britannique John Gerard (né en 1545, mort vers 1611) entreprend des essais de culture de la tomate, et il la décrit dans son Herball or Generall historie of plantes (John Norton, Londres), en 1597. A vrai dire, Gerard s’intéresse à la tomate comme plante ornementale, car l’on se méfie de cette plante qui ressemble à la belladone, une plante très vénéneuse. Il faudra attendre la parution de l’Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers de Denis Diderot et Jean Le Rond d’Alembert, à Paris, en 1751, pour que l’idée se répande dans le public que la tomate est parfaitement comestible. Et en 1753, dans son magistral ouvrage Species plantarum (« Les espèces de plantes »), Linné donne son nom scientifique à la tomate : Solanum lycopersicum.

 

 

On a pu établir que la tomate est originaire du Pérou, mais que sa première domestication a eu lieu au Mexique. Il ne faut en effet pas confondre l’aire d’origine et l’aire de mise en culture d’une plante.

 

 

En 1521, les Espagnols de l’expédition de Cortez introduiront encore en Espagne, venant du Mexique, une espèce, animale cette fois, la poule d’Inde, nettement plus grosse que la poule connue en Europe depuis l’Antiquité. Cette poule d’Inde sera bientôt appelée dinde, le mâle étant le dindon et le petit le dindonneau. Une chair très appréciée !