La première guerre bactériologique de l’Histoire eut lieu… en 1347 !

La première guerre bactériologique de l’Histoire eut lieu... en 1347 !

Beaucoup s’imaginent que la guerre bactériologique est une invention moderne. Il n’en est rien ! La fameuse et terrible « peste noire », l’épidémie qui, de 1347 à 1352, ravage l’Europe entière de la Méditerranée à Moscou, est due à une guerre bactériologique.

Les Génois sont assiégés, en 1347, dans leur comptoir de Caffa (en Crimée, sur la mer Noire) par les Mongols, commandés par le Khan Djanisberg. La peste se déclare parmi les assiégeants. Le Khan décide de catapulter les cadavres de ses soldats mongols pestiférés par-dessus les remparts de Caffa. Les Génois, frappés par cette maladie terriblement contagieuse, prennent la fuite et sèment le fléau dans leur sillage. Ils infestent Constantinople.

À partir de là, les navires marchands répandent le mal. Tout le bassin méditerranéen est infecté et la peste noire remonte le long des fleuves. En quelques mois, la population européenne chute d’au moins un tiers, plus dans certaines régions.

Cette épidémie aura un impact psychologique tel que toute la société médiévale s’en trouvera bouleversée tant sur le plan religieux qu’économique. Dans l’art, les représentations morbides deviennent omniprésentes tandis que s’intensifient la peur du Diable et la « chasse aux sorcières », la persécution des communautés juives, les unes et les autres considérées comme responsables de la propagation de la maladie dont on ignore les causes réelles. La hiérarchie sociale vacille.

Certains, seuls héritiers survivants d’une riche famille, amasseront des fortunes colossales, mais pour la plupart c’est la misère qui s’installe. L’industrie régresse, car certaines villes ont vu périr la moitié de leurs artisans.

Certains villages se retrouvent privés de tous leurs habitants, les friches reviennent à la place des terres cultivées. Avec ses dizaines de millions de morts, la peste noire est la première et la pire des guerres bactériologiques de l’Histoire. Du moins à l’heure qu’il est.

Auteur : Louise-Marie Libert, médiéviste, auteur des "Plus terribles affaires de sorcellerie", de "Ces morts... toujours vivants ?", des "Plus mauvaises mères de l'Histoire" et des "Plus piquantes anecdotes de nos princesses", aux Editions Jourdan.