Trois Ducs de Bourgogne originaux !

Trois Ducs de Bourgogne originaux !

En 1361, le roi Jean le Bon donna en apanage le duché de à son fils Philippe le Hardi. Par une politique d’annexions et de fructueux mariages, la maison de devint l’une des plus puissantes et des plus prospères d’Europe au XVe siècle, échappant pratiquement à l’autorité du roi de . Aussi la rivalité fut vive entre les deux couronnes, atteignant son comble avec Louis XI et Charles le Téméraire. Quand ce dernier mourut, en 1477, le duché revient à sa fille Marie de Bourgogne. Louis XI en annexa les territoires français, mais « les XVII Provinces » ou « Pays-Bas bourguignons », avec la Flandre notamment, passèrent aux Habsbourg par le mariage de Marie de Bourgogne avec Maximilien d’Autriche.

PHILIPPE II LE HARDI
(1363 - 1404)

Guerrier un peu cloche
Ce plus jeune fils de Jean II le Bon, époux de Marguerite de  Flandre, passa l’essentiel de sa vie à guerroyer contre les Anglais, revenant seulement chez lui pour arbitrer un conflit ou faire un enfant à sa femme. À l’occasion, le duc aimait garnir ses vêtements de brebis ou de cygnes, avec des clochettes au cou. Parfois, seules celles-ci étaient accrochées à son costume.

JEAN SANS PEUR
(1404 - 1419)

Débité à la hache
Le 10 septembre 1419, Jean sans Peur, fils de Philippe le Hardi, chef du parti des Bourguignons, fut assassiné à la hache sur le pont de l’Yonne à Montereau par Tanneguy Duchâtel et d’autres compagnons du dauphin Charles, futur Charles VII. Des mendiants, témoins du drame, attestèrent devant les magistrats du Parlement que le duc avait le visage ouvert en deux, la cervelle sortie, le bras gauche sectionné et que, dans la précipitation qui s’ensuivit, la main droite, coupée, avait été oubliée dans la cabane édifiée sur le pont.

PHILIPPE III LE BON
(1419 - 1467)

« « Panem et circenses »
Le fils unique de Jean sans Peur succéda à son père sous le nom de Philippe III le Bon. La cour de ce véritable roi fut la plus brillante d’Europe. Mécène, amateur d’art et de faste, créateur d’un ordre de chevalerie, la Toison d’or, il se délectait de fêtes et de festins, organisant tournois, combats d’animaux, représentations théâtrales, jeux et divertissements de toutes sortes. Dans la galerie truquée du château de Hesdin (Pas-de-Calais), il était impossible de circuler sans être victime de quelque facétie : douché par-dessus ou par-dessous, battu de verges, barbouillé de farine ou de suie, projeté dans un sac rempli de plumes ou dans une cuve d’eau par un système ingénieux de mécanismes automatiques.

Dans la grande salle de son palais de Lille, le 17 février 1454, un an après la prise de Constantinople, le Grand Duc d’Occident offrit à quantité de nobles un spectacle et un dîner grandioses pour solenniser la décision d’une nouvelle croisade contre les Turcs. Pour symboliser l’Église capturée par les Infidèles, un éléphant apparut, monté par l’écuyer Olivier de la Marche, costumé en femme endeuillée. Puis fut présenté au duc un faisan vivant à collier d’or. Lui et tous ses convives jurèrent solennellement sur l’animal de partir combattre le Grand Turc. C’est ce qu’on a appelé Le vœu du faisan.

Héros boiteux et chance de pendu pour un lépreux
En 1452, au siège de Poucke, en Flandre, l’illustre chevalier bourguignon Jean de Lalaing fut mortellement frappé à la tête par une pièce de bois d’un canon, éjectée au moment du tir. Son héroïsme fut d’autant plus grand qu’il arrivait avec une blessure à la jambe d’Adenhove, où il avait mis les Gantois en déroute, n’abandonnant le bourg qu’après l’avoir détruit. À l’issue du siège, les Bourguignons firent pendre tous les habitants aux branches des arbres, n’épargnant qu’un lépreux, quelques enfants et les ecclésiastiques.

Remède décoiffant
Le 2 février 1462, Philippe le Bon, alors âgé de 66 ans, tomba malade. Une équipe de médecins français et étrangers se pencha doctement sur son cas et prescrivit au malade de se faire raser le crâne. Ainsi guéri, le duc ordonna aux nobles de tous ses territoires de se faire tondre à leur tour pour éviter une contagion. La mesure fut exécutée sous la surveillance de Pierre de Hagenbach.