première guerre mondiale

Un sous-marin allemand en plein Central Park

En 1917, au cœur de Central Park, les visiteurs ont eu l’occasion de découvrir une curiosité des plus insolites : un sous-marin allemand, le SM UC-5. Ce sous-marin, capturé pendant la Première Guerre mondiale, a été transporté à New York pour une campagne de promotion des Liberty Bonds, les obligations de guerre américaines. Cette exposition s’inscrivait dans un effort national pour financer l’engagement des États-Unis dans le conflit en Europe. Il ne s’agissait pas seulement d’une démonstration de force militaire, mais également d’une opération de propagande destinée à encourager la population à soutenir l’effort de guerre. Un sous-marin mouilleur de mines :  Le SM UC-5, un sous-marin mouilleur de mines de la marine impériale allemande, n’était pas un bateau anodin. Avant d’être exposé, ce navire avait participé à de nombreuses missions périlleuses. Il avait coulé 29 navires ennemis, en grande partie grâce à ses mines dissimulées dans les eaux du canal de la Manche. Commandé par des officiers allemands expérimentés, le SM UC-5 symbolisait l’efficacité de la guerre sous-marine allemande, qui avait pour but de couper les lignes d’approvisionnement britanniques. Sa capture en 1916, lors d’une tentative de poser des mines au large des côtes anglaises, marqua la fin de ses missions militaires. Le destroyer britannique HMS Firedrake intercepta le sous-marin après qu’il se soit échoué. Les efforts de l’équipage pour saborder leur propre navire échouèrent, et le SM UC-5 fut récupéré presque intact par les Britanniques. Une fois en leur possession, il devint rapidement une arme de propagande, d’abord en Angleterre, puis aux États-Unis. L’exposition à New York :  L’exposition à New York fit sensation. Le SM UC-5 fut démonté et transporté en plusieurs morceaux dans Central Park. Ce processus de transport nécessita l’utilisation de grues et d’un impressionnant convoi de chevaux pour déplacer chaque section du sous-marin. Une fois reconstitué, le navire fut placé au Sheep Meadow, où il trônait au milieu des curieux. Pour le voir de près, les visiteurs devaient prouver qu’ils avaient acheté des Liberty Bonds, renforçant l’idée que leur contribution financière était aussi importante que l’engagement militaire. Le SM UC-5 fut même rebaptisé pour l’occasion. Des pancartes sur la coque du sous-marin proclamaient des slogans comme « Submarines take lives, liberty bonds save them » (Les sous-marins prennent des vies, les obligations de guerre les sauvent). Ce changement de nom et de mission illustrait parfaitement l’effort de guerre américain : convertir une arme ennemie en outil de financement et de mobilisation patriotique. L’impact de cette exposition fut considérable. Plus de 20 millions d’Américains achetèrent des Liberty Bonds au cours de la guerre, levant ainsi des milliards de dollars pour soutenir les troupes sur le front européen. Cette initiative, symbolisée par la présence du SM UC-5 à Central Park, a joué un rôle essentiel dans l’implication des États-Unis dans la Première Guerre mondiale. Après son séjour à New York, le SM UC-5 poursuivit sa tournée de propagande à travers le continent. Le sous-marin fut transporté au Canada, où il fut exposé à Montréal et à Toronto. Des plans furent même élaborés pour qu’il soit déplacé vers le sud, le long du fleuve Mississippi, afin de continuer à encourager l’achat d’obligations. Cependant, après la guerre, le sous-marin fut vraisemblablement démantelé, et ses restes n’ont jamais été retrouvés.

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Retour sur la Première Guerre mondiale

Hommage de la France à la Cité ardente En août 1914, la résistance inattendue de la Belgique – en particulier des forts de Liège –, exaspéra l’armée allemande, retarda de quatre jours l’invasion de la France, ce qui aurait contribué au succès de son armée lors la bataille de la Marne. Au lende- main de la guerre, le président Poincaré viendra rendre hom- mage à la « Cité ardente » et la décorer de la Légion d’honneur pour sa résistance héroïque. Des villes et villages furent incendiés, des civils déportés ou massacrés avec des raffinements de cruauté, comme en témoi- gne notamment le carnet de route d’un soldat saxon du 178erégiment : «Village incendié au nord de Dinant. À l’entrée du village gisaient encore cinquante habitants fusillés pour avoir par guet-apens tiré sur nos troupes. Au cours de la nuit, beaucoup d’autres furent fusillés, si bien que nous pûmes en compter plus de deux cents. Des femmes et des enfants, la lampe à la main, furent contraints d’assister à l’horreur du spectacle. » Un grand nombre d’otages furent aussi fusillés à Dinant même et à Andenne. À Ethe, petit village gaumais, 277 personnes périrent en quelques jours, certains à coups de lance. Parmi eux, 206 habitants du village – soit 1 sur 9 – dont 256 maisons furent détruites. À Louvain, 218 civils perdirent la vie, 1120 bâtiments furent détruits, dont la riche Bibliothèque de l’Université de Louvain, incendiée le 25 août, etc. L’enfer des tranchées Bien des témoins ont décrit les souffrances des martyrs des tranchées : la boue dans laquelle les poilus s’enfonçaient jusqu’à mi-cuisse ou se noyaient, les rigueurs de l’hiver qui provoquaient des gelures mutilantes, parfois mortelles; de fréquents maux de ventre et de diarrhée; l’enterrement de vivants au fond de leurs terriers s’écroulant sous le poids de la neige ou minés par la pluie, sinon à cause des pilonnages; la soupe qui arrivait froide – quand elle arrivait – après avoir circulé dans des kilomètres de boyaux. La plupart des hommes souffrirent des problèmes de ravitaillement. Des assoiffés en furent réduits à boire l’eau stagnante des trous d’obus avant de constater qu’y baignait encore quelque cadavre! L’hygiène était le moindre des soucis. Les combattants déféquaient dans leurs vêtements dont ils ne changeaient pas pendant des semaines. Des trous étaient bien creusés à cet effet, mais, sous l’effet des relèves, de la pluie et des bombes, ils étaient vite transformés en cloaques immondes, quand ils ne disparaissaient pas complètement. Paresse, faiblesse ou peur de s’éloigner de l’abri n’incitait pas à s’y déplacer. Quand l’eau de refroidissement venait à manquer pour une mitrailleuse, on n’hésitait pas à uriner sans pudeur dans des boîtes de conserve. Omniprésents, les rats grignotaient morts ou blessés. Les corbeaux se régalaient de cadavres encore chauds. Les dépouilles, abandonnées sur place durant des jours ou définitivement, se gonflaient sous l’effet des gaz et de la chaleur, dégageant des odeurs insupportables pour l’entourage. Parfois, il fallait combattre dans de véritables charniers et quand des cimetières étaient improvisés, ils étaient presque aussi vite labourés par les obus, mutilant à nouveau les cadavres exhumés. Puisque la mort était partout, la vie humaine semblait n’avoir plus de prix. Les pilonnages intensifs et peut-être plus encore leur vacarme, l’attente interminable de l’attaque et de la sortie effective des tranchées usaient les nerfs. L’angoisse permanente ou les peurs subites, que la gourde d’eau de vie n’arrivait pas à calmer, provoquaient sanglots, vomissements, diarrhées, convulsions, folie ou suicide chez les plus fragiles. Pour les névroses en tout genre, les psychiatres préconisaient l’électrothérapie, même si Freud en avait dénoncé l’inhumanité et contesté l’efficacité. Leur conviction était que l’ébranlement nerveux provoqué par l’électrochoc devait arracher le malade à ses fixations psychologiques et lui permettre de repartir au front. Mais on était ainsi plus proche de la torture que de la médecine. Par la frayeur qu’il provoquait, le procédé était en même temps censé débusquer les déserteurs en puissance. On sait, par plusieurs témoignages, qu’un médecin autrichien, Kozlowski, ne se contentait pas d’appliquer l’électricité au bout des membres, mais aussi sur les testicules et le bout des seins. Aussi, malgré un courage et un patriotisme qu’il ne faut sans doute pas mésestimer, ne soyons pas surpris que des hommes se mutinèrent (1917), désertèrent, se cachèrent ou trouvèrent un bon prétexte pour ne pas monter au feu, mais à leurs risques et périls. En effet, le chef disposait du droit de vie et de mort sur ses hommes et des gradés étaient placés à l’arrière des assaillants pour fusiller au besoin ceux qui voudraient se défiler. Si nombre d’exécutions sommaires pour refus de combattre sont attestées, les cas ne furent sans doute pas légion en raison de leur pouvoir de dissuasion, de la honte et de la pression qui pesaient sur les familles d’accusés de lâcheté. Ce constat n’empêche pas d’estimer que les mutineries étaient pleinement justifiées, notamment par le mépris de la vie humaine dont firent preuve les généraux qui organisaient de véritables attaques-suicides avec, à la clef, des bataillons entiers tués en vingt minutes. Se mutiner, c’était faire preuve de vrai courage. Quant aux procès qui aboutirent à des exécutions, ils n’étaient le plus souvent que parodies. Encore de nos jours, des familles autrefois déshonorées tentent de réhabiliter l’un ou l’autre de leurs aïeux mobilisés, victimes de ces répressions. Témoignages de poilus Fléau des rats, des poux et de la vermine. – «Un soir, Jacques, a vu s’enfuir des rats de dessous les capotes déteintes de corps gisants, des rats énormes, gras de chair humaine. Lui-même, le cœur battant, rampait vers un mort dont le casque avait roulé à terre. La tête n’était plus qu’un crâne grimaçant, aux orbites vides. Un dentier avait glissé sur la chemise décomposée et soudain, de la bouche béante, une bête immonde surgit. En deuxième ligne ou au repos, on tâchait d’épouiller son linge. Mais le reste du temps, on se grattait sans arrêt, parfois jusqu’au sang. Quand on apercevait un pou, on le tuait d’une

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Armes biologiques : depuis quand l’homme est-il sadique ?

Les armes biologiques vous évoquent surement le gaz moutarde utilisé durant la Première Guerre mondiale, ou les lacrymogènes, plus inoffensifs. Diffuser un gaz ou une maladie semble être un acte particulièrement sournois, puisqu’il implique une douleur voir la mort, tandis que l’assaillant reste en sécurité. Étrangement, nous préférons la guerre égale, lorsque les deux armées se rentrent dedans dans un fracas monstrueux d’explosions, et où les pertes sont équivalentes. Cet aspect nous parait plus « dans les règles », que ces armes invisibles, qui se diffusent dans l’air et paralysent, tuent, génocident. De nos jours, les règles, c’est la Convention sur l’interdiction des armes biologiques de 1972 qui interdit le développement, la production, le stockage, l’acquisition et le transfert des agents biologiques, l’utilisation de germes pathogènes ou de toxines en tant qu’arme. Question de morale. Faisons la guerre et entretuons-nous, oui, mais dans les règles de l’art. Ces principes qui autorisent l’horreur tout en interdisant l’atroce sont en réalité nécessaires, car la sournoiserie des armes biologiques n’a apparemment pas de limite. Lorsqu’on observe les cas d’utilisation d’arme biologique dans l’histoire, c’est à se demander si les Hommes pensent à se battre à la loyale avant de contourner les règles, ou l’inverse. Comme si les conflits armés étaient l’excuse de l’expression d’une certaine inhumanité, qui fait d’ailleurs l’objet d’une créativité sans limites… Tout de suite, un voyage temporel dans l’univers cruel des guerres biologiques : 300 av. J.-C. : les archers scythes trempent leurs flèches dans des cadavres en putréfaction pour les rendre toxiques. Les Grecs à la même époque polluent les puits et les sources d’eau potable de leurs ennemis avec des cadavres d’animaux. 1155 : à la bataille de Tortona, le général Barberousse empoisonne lui aussi des puits avec des cadavres de ses propres soldats. 1346 : lors d’un siège à Caffa (actuelle Crimée), les Mongols catapultent des cadavres de leurs propres pestiférés avec des trébuchets à l’intérieur de la cité assiégée. En fuyant vers l’Europe et en particulier vers l’Italie, les mouvements de populations déclenchent la deuxième pandémie de peste noire. Même si la diffusion de la Mort noire était déjà bien avancée en Asie, sa propagation en Europe et en Afrique du Nord a fait environ 25 millions de victimes. 30 à 50 % des Européens ont succombé aux bubons de cette arme biologique en cinq ans (1347-1352). 1495 : pendant la campagne de Naples en 1495, les soldats espagnols donnent aux Français du vin rallongé avec du sang de lépreux, en gage d’apaisement. Si le geste est plus discret que les catapultes, il semble aussi plus perfide. 1764 : Henri Bouquet, mercenaire suisse de l’armée britannique est le bras droit de la colonisation des terres amérindiennes, notamment de la région actuelle de Pennsylvanie. Constatant que les populations indigènes sont particulièrement touchées par les nouvelles bactéries d’Europe, il a l’idée d’offrir à certaines tribus amies des couvertures et des objets infectés de la variole venant d’hôpitaux. On ne sait si l’ordre du général a été respecté, mais une épidémie de variole s’est bien déclenchée et on ne saurait l’attribuer avec certitude à la propagation naturelle. Même si les historiens disposent de peu d’informations sur les populations présentes sur le territoire avant l’arrivée des bateaux colonisateurs, certains estiment que le choc viral provoqué par la présence des Européens a tué 80 % de la population indigène. Quant au général Henri Bouquet, il serait mort un peu plus tard de… la fièvre jaune. Doit-on y voir une vengeance biologique ? 1863 : Pendant la guerre de Sécession, le général Johnston pollue l’eau potable de ses ennemis avec des cadavres de moutons et des porcs. On ne change pas une équipe qui gagne, même après 2000 ans… 1915 : L’Allemagne est accusée d’utiliser le choléra en Italie et la peste à Saint-Pétersbourg pour affaiblir les armées des Alliés. En 1917 on pense qu’ils infectent aussi environ 4500 mules en Mésopotamie avec le bacille de la morve pour déstabiliser les Irakiens, alors alliés des Britanniques. Bien qu’un démenti officiel soit publié, on constate en recoupant des informations que des lots d’ampoules du bacille de la morve avec un plan d’utilisation sont saisis en 1916 lors d’une légation allemande à Bucarest. Oups. 1929 : L’URSS possède un centre de recherche sur les armes biologiques, le Japon trois. De 1940 à 1944 : l’aviation japonaise répand la peste sur 11 villes en Chine d’une façon particulièrement perverse. Ils larguent des bombes en porcelaine remplies du virus, mais aussi de puces infectées et de grains de riz pour attirer les rongeurs et accélérer la propagation. De 1941 à 1942 : la Grande-Bretagne expérimente des dispositifs de dispersion de la maladie du charbon sur l’île de Gruinard au nord-ouest de l’Écosse. Le test est concluant et on sait donc que la Grande-Bretagne possède une arme biologique infaillible qu’elle n’a jamais eu l’occasion d’utiliser… L’île qui reste en quarantaine jusqu’en 1986 est complètement désinfectée aujourd’hui. De 1966 à 1973 : le projet 112 naît sous l’impulsion du président JFK qui entend expérimenter des armes chimiques et biologiques comme alternative à la bombe atomique. Le Canada et le Royaume-Uni participent avec les États-Unis à des tests sur des bateaux ou dans des zones militaires sécurisées, principalement incluant des aérosols. Pour plus de réalisme, les laboratoires expérimentent leurs nouveaux aérosols et la bacilius subtilis est vaporisée dans le métro de New York durant 3 jours. Le test est concluant ! Seulement, après plusieurs analyses des niveaux de contamination possible, il a été calculé que cet agent létal aurait entrainé 12 000 cas d’infections mortelles. Le problème avec les armes, c’est qu’elles ne tuent pas que les méchants. 1997 : Une nouvelle arme bactériologique contenant une forme du virus de l’anthrax, résistant à tous les antibiotiques et qui déclenche une pneumonie mortelle en moins d’une semaine, a été mise au point en Russie. Tant pis pour la convention de 1972. * Après tout ça, on est tenté de comprendre que les peuples à l’unanimité et sans évolution au fil des ans sont surtout animés par l’idée de victoire, et que « la fin justifie les moyens » (Machiavel,

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Capitaine Charles de Gaulle : 32 mois de frustration et 5 tentatives d’évasion

Figure emblématique de la France lors de la Seconde Guerre mondiale, le général de Gaulle fut pourtant frappé de nombreuses déconvenues durant le conflit qui la précéda. Pendant 32 mois, l’illustre chef d’État, à l’époque capitaine, fut fait prisonnier et tenta par tous les moyens de mettre un terme à cette condition qu’il jugeait dégradante et déshonorante. À cinq reprises, il s’acharna, sans succès, de rejoindre les forces françaises dans des batailles qui allaient modeler l’Europe moderne.

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